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Port-au-Port s’invite au festival du conte

L’édition 2022 du Festival du conte de St. John’s (St. John’s Storytelling Festival) aura lieu du 20 septembre au 2 octobre et réunira des conteurs de toute la province. Le 22, une soirée francophone sera consacrée aux contes, aux chansons et aux récits de la péninsule de Port-au-Port, chantés et racontés par Mark Cormier, Anita Best et Louise Moyes.
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Cody Broderick

Que ce soit à travers des aventures et des monstres, des histoires réelles ou même de la musique, l’Église Gower Street United, le temps d’un soir, fera voyager les spectateurs dans le monde merveilleux de la péninsule de Port-au-Port, le 22 septembre prochain grâce à un trio de conteurs d’expression française.

Louise Moyes, artiste multidisciplinaire bilingue, se joindra à Mark Cormier, enseignant à la retraite et fier conteur franco-terre-neuvien, et Anita Best, musicienne et folkloriste, pour amener les townies jusqu’à la péninsule de Port-au-Port dans le cadre du festival du conte de St. John’s.

Surnommée la première dame de la chanson terre-neuvienne, Anita Best (à gauche) est une musicienne et une folkloriste qui travaille dans les deux langues officielles du Canada depuis plusieurs années. Elle est connue surtout pour ses collaborations avec Pamela Morgan du groupe Figgy Duff et Sandy Morris du groupe Wonderful Grand Band. Photo: Gaël Fleissner (Archives Le Gaboteur)

Des contes et leurs significations changeantes

Les histoires issues de la tradition orale, contrairement à celles écrites sur papier ou filmées, sont par nature en constante évolution. Que ce soit à travers les variations régionales des histoires, la compréhension personnelle de leurs contenus ou de leur sens, ou la simple improvisation en cas d’oubli de certains éléments, différents détails et significations peuvent émerger dépendant de la personne qui raconte l’histoire, du lieu et du moment ou époque durant laquelle l’histoire est racontée.

C’est pour cette raison qu’on a de nombreuses versions du même conte partout dans le monde. «Sabot-Bottes et Petite Galoche», un conte recueilli par la folkloriste Geraldine Barter par exemple, est la version franco-terreneuvienne du «Chat botté». Plusieurs contes franco-terreneuviens présentent aussi des aventures de Ti-Jean, le «cousin» francophone du héros folklorique de Terre-Neuve-et-Labrador, Jack.

En plus de présenter des histoires à l’Église Gower Street United, Mark Cormier de Cap Saint-Georges présentera également ses contes pour les élèves francophones de l’École des Grands-Vents et de l’École Rocher du Nord dans le cadre du Festival du conte. Photo: Archives Le Gaboteur

Si Louise Moyes est surtout connue pour ses docudanses – des spectacles multidisciplinaires inspirés des entrevues documentaires réalisées au cours de ses voyages – ses pièces ont quant à elles une structure fixe. Pour l’artiste multidisciplinaire, le mouvement et les danses lui rappellent la suite de ses histoires: «en tante que conteuse, [les mouvements du corps] m’amène dans le conte», explique-t-elle.

Si l’artiste se sert des mouvements de ses danses pour se souvenir de la progression de l’histoire, les significations du conte pour l’artiste changent quand même.

Une des pièces qui seront présentées au festival, Florence, raconte des histoires ancrées dans le quotidien d’une mère franco-terre-neuvienne à la tête d’une famille de onze enfants. Compris d’«un mélange de contes, des récits de vie et de la dance», l’artiste incarnera Florence Leprieur, femme bien connue de l’Anse-à-Canards. 

Louise Moyes, artiste multidisciplinaire, a beaucoup travaillé avec Mark Cormier et Anita Best au fil des années. Ne s’étant pas vus depuis un certain temps à cause de la pandémie, elle a hâte de présenter la soirée francophone du festival du conte avec eux, une soirée qu’elle a surnommé «le spectacle de retrouvailles» lors de son interview avec Le Gaboteur. Photo: Justin Hall (Courtoisie)

Impliquée dans le festival depuis environ 20 ans, la conteuse admet qu’au fil des années, elle comprend de mieux en mieux l’héroïne éponyme de son spectacle: «plus je conte, plus je comprends et me ressens moi-même». 

Louise Moyes, artiste multidisciplinaire, a beaucoup travaillé avec Mark Cormier et Anita Best au fil des années. Ne s’étant pas vus depuis un certain temps à cause de la pandémie, elle a hâte de présenter la soirée francophone du festival du conte avec eux, une soirée qu’elle a surnommé «le spectacle de retrouvailles» lors de son interview avec Le Gaboteur. Photo: Justin Hall (Courtoisie)

Et dépendant des réactions de l’auditoire, ses récits peuvent prendre différentes significations: ces dernières peuvent devenir rigolotes, tristes, ou même étonnantes – des interactions qui lui avaient manqué lors de la pandémie quand la COVID-19 lui obligeait de présenter ses spectacles en visioconférence.

Amplifier les voix sous-représentées

Les trois conteurs, armés d’un répertoire varié de contes, de récits et de chansons issus de la tradition orale franco-terre-neuvienne, ne représentent que quelques-unes des voix parmi celles des nombreux intervenants qui prendront la parole pendant le festival. 

Alors que le festival offre une programmation multiculturelle et multilingue, comprenant des genres divers tels que des récits personnels, des contes merveilleux et des chansons de tradition orale francophone et autochtone, l’édition de cette année mettra également en vedette des conteurs 2ELGBTQ+ et malentendants dans le cadre de leur nouveau programme AMPLIFY. 

«La diversité fait partie de notre mission», explique Catherine Wright, présidente du festival. Avec du financement supplémentaire qui nous vient du gouvernement fédéral, les organisateurs du festival sont ainsi plus même d’amplifier des voix et des histoires issues de populations qui sont normalement sous-représentées.

De la musique raconteuse

Si Anita Best est connue comme musicienne et folkloriste, sa collection de ballades francophones, tout droit tirées de l’héritage musical de la péninsule Port-au-Port, résonnera fort dans l’Église Gower Street United. Mais ses chansons ne sont pas les seules qui vibreront au cours de la soirée francophone.

Par le biais d’une vidéo, la chin music – ou le turlutage – de Florence Leprieur sera également mise en vedette. 

Le turlutage est une forme de musique sans instrument où la voix chantonne une mélodie sans mots, à coup de syllabes dépourvus de sens. Ces «dees» et «das» qui sortent de la bouche se transforment en mélodie qui était pour certains plus préférable que la musique jouée avec des paroles et un instrument.

En fait, Louise Moyse explique que Florence a souvent par le passé diverti les mariages et les bals sur la péninsule de Port-au-Port, au point d’une fois en perdre la voix pendant deux semaines. Ses talents rivalisaient même avec d’autres musiciens de la région, dont son chum d’adolescence, le célèbre violoniste Émile Benoit.

Pour écouter cette musique spéciale de Florence Leprieur, rendez-vous ici: https://vimeo.com/749318139/21f617a2fc

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