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Terre-Neuve-et-Labrador «repense sa boisson»

Avec la nouvelle taxe sur le sucre entrée en vigueur depuis le début du mois, cela fait presque trois semaines que Terre-Neuve-et-Labrador a commencé à «repenser sa boisson», et deux fois plus que j’ai commencé à faire de même.
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Tous ceux qui me connaissent savent que j’aime mes vices. Disons simplement qu’une bonne pinte d’India après une longue journée de travail a toujours été toujours la bienvenue. Mais vers la fin de l’été, ma soif semblait avoir été étanchée. Ce qui était autrefois un moyen de décompresser est devenu une source de stress pour mon corps. J’en avais eu assez.

Je n’ai jamais aimé les sodas, mais de temps en temps, une bouteille se retrouve dans mon frigo. Je n’ai jamais été sélectif quant à la marque – Pepsi ou Coca Cola, c’est tout pareil pour moi – donc une version hors marque moins chère ne m’a jamais dérangé non plus. 

Ceux d’entre nous qui sont assez privilégiés pour gagner un salaire décent ou qui vivent dans une région où l’eau est potable sont en mesure de prendre ces décisions. Pas de Pepsi, pas de problème.

Parfois, il est facile de faire un choix. Si vous avez les moyens.

Des choix accessibles?

Tout comme la consommation d’alcool, les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador comptent parmi les plus grands consommateurs de boissons sucrées du pays. Depuis le 1er septembre, on en paie le prix. Maintenant, les gens de la province doivent payer 20 cents de plus par litre de boisson sucrée. 

Si certains ne remarquent pas la différence à l’épicerie, il existe de nombreux endroits dans la province où le coût des courses est déjà particulièrement élevé.

À Nain, une amie à moi a récemment payé un peu plus de 20$ pour un pack de six canettes de 222 ml de Canada Dry au magasin Northern. Je suis sûr que si elle n’était pas distraite par son nouveau-né, elle ne l’aurait pas acheté (mais j’imagine que la plupart des nouveaux parents paieraient un bras et une jambe pour que leur bébé cesse de pleurer en public).

Malgré l’augmentation du coût, pour certains, les options plus saines ne sont pas aussi accessibles. L’eau potable n’est même pas tout à fait accessible partout dans la province par exemple. La CBC a rapporté le 8 septembre – une semaine après l’entrée en vigueur de la nouvelle taxe sur le sucre -, que 160 localités dans la province sont sous un avis d’ébullition de l’eau, soit une personne sur dix.

Malheureusement, les nouvelles taxes ne feront pas baisser le prix de l’eau en bouteille pour ceux qui vivent dans des localités où le robinet coule brun.

Comparaison avec l’alcool

En mai dernier, le prix des boissons alcoolisées a augmenté en moyenne de 3,9%. Une des nombreuses conséquences de la hausse de l’inflation. La question persiste: l’augmentation du prix des boissons malsaines comme les sodas ou l’alcool incite-t-elle les gens à faire des choix plus sains?

Bien que la NL Liquor Corporation ait enregistré une baisse de 0,9% de ses revenus au cours du dernier trimestre par rapport à l’année dernière, la pandémie a certainement fait augmenter la consommation d’alcool au cours des deux dernières années. Avec des revenus de 363,8 millions de dollars en 2021, soit une augmentation d’environ 20 millions par rapport à l’année précédente et 40 millions par rapport aux chiffres pré-pandémiques, les Terre-Neuviens et les Labradoriens dépensent beaucoup d’argent à la NL Liquor Corporation.

Selon le recensement de 2021, il y a 416 640 personnes dans la province âgées de 19 ans et plus qui ont le droit d’acheter de l’alcool. Cela représente un peu plus de 873$ par personne pour cette année-là. Presque 73$ par mois, ou environ 4 bouteilles de vin – une par semaine.

Plongeons davantage dans les données. En 2018, Statistique Canada a indiqué que la province avait la plus forte proportion de résidents ayant déclaré avoir consommé beaucoup d’alcool au cours des 12 derniers mois, soit 27,7%. La moyenne nationale pour cette année-là était de 19,1%. Si ce ne sont peut-être pas toutes les 416 640 personnes qui achètent de l’alcool, les chiffres semblent indiquer que ceux qui le font achètent plus d’une bouteille de vin par semaine…

Et ce, malgré l’augmentation des prix. Il y a peut-être quelque chose de plus profond à faire  pour inciter les gens à faire des choix plus sains, autre que la mise en place de taxes. Peut-être que si les options plus saines étaient plus accessibles…

Assez de mathématiques pour le moment; une mer de chiffres vous attend dans le focus de cette édition du Gaboteur, où l’équipage de votre journal francophone a analysé les données du recensement de 2021 pour les langues afin de découvrir comment le fait français de la province a évolué au cours des cinq dernières années. Vous découvrez également des lectures sur les éoliennes à la côte ouest, la route TransQuébec-Labrador et sur le Festival du conte de St. John’s!

Bonne lecture!

Cody Broderick

Directeur général et rédacteur en chef

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