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Katie Ward transforme St. John’s en studio de danse

Du 29 septembre au 8 octobre, Neighbourhood Dance Works présente la 31ème édition du Festival of New Dance (FND, ou «Festival de la Nouvelle Danse» en français) avec un casting de stars, dont la danseuse bilingue Katie Ward. Britanno-Colombienne vivant à Montréal depuis 26 ans, elle est notamment connue pour son inclusion des membres du public dans ses performances, comme dans son spectacle Anything Whatsoever («Tout et n’importe quoi»). Incursion au cœur de son processus de création.
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Liz Fagan (LF): Parlez-nous un peu de votre parcours en danse.

Katie Ward (KW): Chez moi, quand j’étais jeune, mes parents écoutaient de la musique d’opéra. Très souvent je dansais. À un certain moment, ma mère m’a suggéré de continuer à prendre des cours de danse. À partir de ce moment-là, je choisis continuellement ce qui m’intéresse dans la danse. La danse est très ouverte à la danse contemporaine et les pratiques contemporaines sont très ouvertes. Donc pour moi, c’est un métier parfait. Il y a beaucoup de marches et de manœuvres et je peux chercher qui je suis à travers ça et m’affirmer dans mes intérêts, et les incarner. C’est très lié à moi, quand on danse c’est mon corps qui bouge, c’est donc très proche de moi.

Originaire de Vancouver, Katie Ward a déménagé à Montréal pour poursuivre son travail de chorégraphe et de danseuse. Photo: Svetla Atanasova (courtoisie)

LF: Diriez-vous que vivre dans Montréal a impacter votre manière de danser?

KW: Il faut mentionner que j’ai fait des études à Winnipeg. Je ne veux pas oublier de dire que j’ai aussi suivi une formation professionnelle là-bas. Une grande partie de ma formation de chorégraphe vient de Montréal. Mais aussi, j’ai fait des études de maîtrise aux Pays-Bas, en chorégraphie et en pratiques théâtrales. Tout cela fait partie de ma formation.

LF: En tant qu’artiste, qu’est-ce qui vous inspire?

KW: Je me demande souvent comment nous pouvons créer un nouvel ordre des choses, un ordre où je peux inviter les membres du public à participer à mes chorégraphies, dans un état quelque peu méditatif où ils peuvent se laisser aller au gré de leur imagination. Que faudra-t-il faire pour que nous puissions voir le monde d’une manière différente? C’est ce qui m’inspire ces jours-ci.

La manière dont le public perçoit la performance créée dépend de leur expérience. À travers mes performances, j’essaie de faire une sorte d’aplatissement de la hiérarchie. J’essaie donc de remplir les spectacles de beaucoup de choses afin que ces choses-là puissent être incorporées au sein d’ordres nouveaux.

LF: Le mouvement est-il aussi efficace que le langage pour communiquer? En d’autres termes, est-il parfois plus facile de communiquer par le mouvement ou la danse que par l’oral?

KW: Oui. Beaucoup de mes performances contiennent du langage, d’une manière ou d’une autre, mais je pense que les gestes et le mouvement ont une qualité changeante du corps, et la qualité éphémère du mouvement est très efficace pour garder les choses non-fixes. Tandis qu’avec les mots parfois, il y a bien sûr des subtilités de sens, mais le mouvement peut nous amener à une mode de perception non-fixe ou en mouvement.

LF: La langue française vous a-t-elle aidée dans votre processus de création?

KW: J’ai appris le français à Vancouver dans une école d’immersion française, mais à travers mon parcours je suis restée en contact avec le français. Même à Winnipeg, il y a une grande population francophone à Saint-Boniface, et je continuais à prendre des cours de français à Winnipeg et ensuite à Montréal. Je suis très heureuse de pouvoir parler deux langues. Le français me nourrit beaucoup. J’aime beaucoup cette langue. C’est très en contraste avec l’anglais, mais les deux langues font partie de moi et je les aime, les deux d’une façon particulière.

LF: Votre travail parle beaucoup de l’expérience humaine et de la vulnérabilité qui en découle. Pourquoi la vulnérabilité est-elle aussi importante pour vous et pour votre travail?

KW: Je pense que l’expérience humaine est très importante. Aussi, quand on est vulnérable, quand on se laisse dévoiler, quand on révèle ces dimensions intimes de soi-même, il y a quelque chose d’honnête ou de moins poli qui en découle. Je trouve que nous sommes pris dans les narratifs de l’humain. Aussi, le monde minéral, le monde animal, le monde technologique, toutes les autres facettes de la réalité et du monde sont aussi importantes pour moi. Je suis très intéressée par […] l’humain et notre vulnérabilité dans le contexte de l’univers.

LF: En quoi votre perception de l’expérience humaine est-elle différente de celle des autres artistes à travers le prisme de la danse?

KW: Je sais ce que je suis moi, et donc j’ai mon propre parcours, mais je ne saurai pas dire comment ma perception de la danse est différente de celles des autres artistes. J’ai une pratique qui n’est pas nécessairement pareille à la leur, et les pratiques m’amènent à des expériences de danse qui sont «autres». J’essaie de créer de l’espace pour toutes les traces que j’ai vécues, les traces corporelles, toute intensité, toute technique afin d’améliorer le mouvement.

LF: L’audience joue un rôle important dans vos spectacles, comment cette idée vous est-elle venue et à quoi sert-elle?

KW: Je veux créer un espace pour la subjectivité dans mon travail chorégraphique. Idéalement, j’aimerais que mes chorégraphies soient remplies d’autant de choses que possible et je ne veux pas être la seule vedette. Je suis très curieuse quant aux perspectives des autres. La performance est un moment où la curiosité est permise, ce qui me permet de chercher des moyens de m’ouvrir au monde.

C’est donc l’une des raisons pour lesquelles je crée un espace pour le public. Et aussi parce que nous n’avons pas le choix: nous sommes ensemble! Pourquoi imaginer le contraire? Dans une de mes autres chorégraphies, imaginationreality, j’ai fait une partition parlée avec le public. Après cela, je me suis dit que cela portait ses fruits.

Quelles sont les autres questions vocales catalytiques que je peux utiliser pour apprendre à connaître le public? Cela nécessite une forme chorégraphique robuste pour pouvoir continuer à danser pendant la partition. Parfois, deux partitions sont réalisées en même temps!

Pour le programme complet du festival, veuillez consulter le site web: https://www.neighbourhooddanceworks.com/festival-of-new-dance

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