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Contact établi: «Entre eau douce et eau salée»

L’expérience radiophonique Contact établi a provoqué la rencontre entre deux hommes nés au bord de l’eau: Cody Broderick, originaire de Conception Bay South à Terre-Neuve-et-Labrador et Denis St-Jules, originaire de Sault Ste-Marie, dans le Nord de l’Ontario. Les deux hommes, liés par leurs professions dans les médias, partagent leurs expériences en tant que francophones dans des espaces culturels différents.
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Gaboter de l’autre côté de la table d’entrevue

Normalement, c’est l’équipage du Gaboteur qui pose les questions. Mais cette fois-ci, c’est le rédacteur en chef de votre journal de langue française qui a été invité à répondre aux questions qu’on lui posait.

Dans le cadre d’un épisode d’un nouveau balado de Francopresse, Contact établi, j’ai rencontré Denis St-Jules de l’Ontario, qui a aussi fait une carrière dans les médias.

Pour le balado complèt, c’est par là: https://francopresse.ca/2022/09/24/contact-etabli-entre-eau-douce-et-eau-salee/ (CB)

Mélanie Tremblay — Rédactrice en chef, Francopresse

Cody Broderick vit dans le quartier du centre-ville de St. John’s, là où se trouvent les célèbres maisons colorées de la capitale. Celui qui dirige le seul journal francophone de la province, Le Gaboteur, a vécu en France pendant quelques années. Ses racines profondément ancrées dans la culture terre-neuvienne et son envie de revenir près de la mer l’ont incité à faire un retour dans l’île. 

Né dans une famille anglophone, Cody Broderick est un amoureux des langues. «J’adore toutes les langues. Même que je dirais que le français n’est pas ma langue préférée, mais c’était la plus accessible pour moi», confie-t-il.

«C’est intéressant aussi, ton éveil au français que tu as fait à partir de ta sœur. C’est assez extraordinaire pour un jeune Franco-Terre-Neuvien», souligne son interlocuteur, Denis St-Jules avec admiration.

«Je ne suis pas Franco-Terre-Neuvien!», répond Cody à la surprise de Denis. «Les Franco-Terre-Neuviens, c’est la communauté de la côte ouest de l’île, comme à Port-au-Port. Juste Terre-Neuvien, ça va. […] Je contribue à la francophonie, je parle français, alors pourquoi pas francophone?» 

Denis St-Jules, même s’il est né dans une ville où un très faible pourcentage de la population parlait français, s’est toujours entêté à garder sa langue maternelle. «Grâce à mon père, entre autres, parce qu’il nous interdisait de parler anglais dans la maison», raconte-t-il en riant. 

Il est de la troisième génération de St-Jules francophones, établis à Sault Ste-Marie, à l’embouchure du lac Supérieur. Afin de poursuivre ses études en français, il a quitté Sault Ste-Marie pour s’établir à Sudbury, où il a fait sa carrière en tant qu’animateur à la radio de Radio-Canada dans le Nord de l’Ontario. 

Toujours très impliqué dans sa francophonie, alors qu’il était étudiant à l’Université Laurentienne, dans les années 70, il a participé à l’émergence culturelle francophone nord-ontarienne entre autres en contribuant au premier ouvrage publié par les Éditions Prise de parole, Lignes Signes.

Un graphique avec le titre « Contact établi » en jaune. Avec deux photos de personnes en noir et blanc avec « Épisode 2 » au centre. Au bas gauche: Ce projet est rendu possible grâce à la base « Enrichir nos communautés » d’Unis TV. Au bas droit: Francopresse.ca.
Photo: Courtoisie

«Par contre, je suis bilingue et je me considère biculturel, affirme Denis St-Jules. Ayant vécu toute ma vie en Ontario, je parle anglais comme un Ontarien. J’aime l’anglais aussi. Je lis beaucoup en anglais et je participe beaucoup aussi à la vie culturelle en anglais parce que j’aime beaucoup le théâtre et le cinéma. Par contre, c’est le français qui est le cœur pour moi. C’est là où je me sens le plus confortable et je sens que je suis francophone jusqu’au bout des pieds.»

À travers leurs métiers communs, dans le monde des médias, Denis et Cody ont abordé la question de l’insécurité linguistique. Denis St-Jules confie que, lorsqu’il animait à la radio, certaines personnes refusaient d’intervenir à la radio croyant qu’ils ne parlaient pas suffisamment bien le français. Cody est confronté au même problème dans le recrutement de collaborateurs au journal.

Cody souligne que, même chez les anglophones de Terre-Neuve, il remarque une certaine insécurité linguistique. Quand il était à la maternelle, il se souvient que son enseignante corrigeait sa prononciation.

Les deux invités ont non seulement discuté langue et identité, ils se sont découvert une passion commune pour l’aventure en caravane. Alors que Cody rêve de s’aventurer sur les côtes de l’île dans un long roadtrip, Denis raconte qu’il l’a fait avec sa famille un peu partout au Canada du Yukon à Terre-Neuve. 

Une conversation riche en réflexions et en aventures dans ce second épisode de Contact établi.

Qu’est-ce que Contact établi?

Le balado Contact établi présente des rencontres improbables entre des francophones qui ne se sont jamais croisés, qui viennent de deux régions de la francophonie et qui sont issus de deux générations différentes. 

Une initiative de Francopresse réalisée grâce à une bourse Enrichir nos communautés d’Unis TV.

Un nouvel épisode de Contact établi sera dévoilé sur Francopresse.ca chaque samedi matin, jusqu’au 15 octobre.

À lire aussi: 

Le haut du corps d’un homme devant des piliers recouverts de graffiti multicolore.

Un Great Big succès

Le chanteur du groupe terre-neuvien Great Big Sea, Alan Doyle, a été nommé à l’Ordre de Terre-Neuve-et-Labrador pour son action humanitaire. Le musicien, impliqué dans plusieurs fondations et causes, a interprété de nombreuses chansons traditionnelles de la province au cours de sa carrière, dont même une toune franco-terreneuvienne.

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