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Sorti du placard pour alimenter les archives

Vous avez une photo de votre oncle gay sortant en boîte dans les années 90 avec son «colocataire»? La NL Queer Research Initiative est à la recherche de soumissions pour garnir leur nouvelle collection…
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Liz Fagan

IJL – Réseau.Presse – Le Gaboteur

De l’humoriste Tommy Sexton à la concurrente de la RuPaul’s Drag Race Irma Gerd, de nombreuses personnes 2SLGBTQ+ de Terre-Neuve-et-Labrador ont laissé leur marque ici. Cependant, jusqu’à présent, leurs histoires n’ont pas été tout à fait bien enregistrées.

Avec la création de la NL Queer Research Initiative (NLQRI ou «l’Initiative de recherche queer de Terre-Neuve-et-Labrador» en français) à l’Université Memorial, Sarah Worthman tente de recueillir et d’enregistrer les innombrables histoires qui ont été cachées dans les placards de la province.

«Nous avons toujours été ici, nous sommes ici, nous y serons toujours»

En recherchant la présence de la communauté queer lors de la première guerre mondiale au sein de l’organisation Anciens Combattants Canada, l’étudiante bilingue a remarqué que chaque province avait une archive de son histoire queer, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador. À cette époque Sarah travaillait au laboratoire de Genre et de Politique de l’université, où elle a fait part de ses préoccupations à son patron, qui l’a vivement encouragée à poursuivre la création de l’archive.

Un portrait du haut du corps d’une personne qui sourit vers la caméra devant un mur coloré recouvert de graffiti. Elle a la peau blanche, les cheveux blonds, porte un chandail orange et des boucles d'oreilles avec un arc-en-ciel.
Sarah Worthman, étudiante bilingue à l’Université Memorial, a créé le nouvel archive, la NLQRI, pour recueillir et enregistrer les innombrables histoires qui ont été cachées dans les placards de la province. Photo: Couroisie Sarah Worthman

«On va t’aider», lui a-t-il dit.

Et le soutien n’est pas seulement venu de l’université. Au départ, Sarah a commencé l’initiative en publiant un message sur Facebook cherchant des personnes intéressées à donner un coup de main en tant que bénévoles ou simplement en soumettant du contenu. «Nous avons maintenant une équipe d’au moins vingt-cinq personnes! Parfois, il suffit de demander.»

«Nous avons remarqué l’effort constant de vouloir réécrire l’histoire afin d’éradiquer l’expérience des personnes queers au Canada», constate Sarah. Alors que certains pensent que les identités queer ne sont qu’une mode, la jeune chercheuse espère aider les gens à mieux comprendre l’histoire queer, non seulement à Terre-Neuve-et-Labrador mais partout au Canada: «Nous avons toujours été ici, nous sommes ici, nous y serons toujours.» 

Intersectionnalité et une collaboration acadienne

Sarah souligne l’importance de l’intersectionnalité et de la compréhension des stigmates auxquels sont confrontés les groupes minoritaires, tels que les immigrants et les autochtones – des groupes qui risquent de ressentir doublement la piqûre de la discrimination. 

Les queers francophones vivant dans une région majoritairement anglophone entrent également dans cette catégorie où la discrimination sexuelle est intimement liée à la discrimination linguistique. Pour Meredith J. Batt, président.e de l’Initiative pour le patrimoine queer du Nouveau-Brunswick et collaboratrice avec la NLQRI, défendre cette recherche dans tout le pays fut une décision facile.

Ayant habité pendant des années à Terre-Neuve, Meredith connaît bien la réalité de grandir en tant que francophone queer dans la province. «Si vous passez du temps avec un groupe minoritaire linguistique, c’est une cause qui vous tient à cœur. Vous les aidez à raconter leur histoire.»

Du vieux Rocher au Nouveau-Brunswick, les recherches qu’elle et son équipe mènent au Patrimoine du Nouveau-Brunswick servent à mettre en évidence l’intersection de l’histoire acadienne et l’histoire queer.

Iel vise à affirmer et à rendre visible et audible la présence des artistes acadien.nes queer qui contribuent énormément à la culture acadienne; et ce, depuis toujours. «Nous avons une communauté franco-queer incroyable», ajoute-t-iel, rayonnant.e.

«Il est donc important de documenter ces histoires, et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons rendu notre initiative bilingue», constate-iel. «Je ne peux pas insister assez là-dessus.»

Les archives sont toujours à la recherche de nouvelles contributions. Si vous avez des histoires ou si vous voulez contribuer à la collection de l’archive terre-neuvienne et labradorienne ou à celle du Nouveau-Brunswick, vous pouvez les contacter respectivement au [email protected] ou au https://fr.queerhistoriesmatter.org/qhinb

À lire aussi:

Le haut du corps d’un homme devant des piliers recouverts de graffiti multicolore.

Un Great Big succès

Le chanteur du groupe terre-neuvien Great Big Sea, Alan Doyle, a été nommé à l’Ordre de Terre-Neuve-et-Labrador pour son action humanitaire. Le musicien, impliqué dans plusieurs fondations et causes, a interprété de nombreuses chansons traditionnelles de la province au cours de sa carrière, dont même une toune franco-terreneuvienne.

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