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Nouvelle DG du CSFP

La nouvelle directrice du Conseil scolaire francophone provincial (CSFP), Selena Mell, est entrée en fonction le 3 octobre dernier. S’installant dans son nouveau rôle et dans sa nouvelle province de résidence, elle a pris un peu de temps pour rencontrer Le Gaboteur autour d’un café.
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Propos recueillis par Cody Broderick et Liz Fagan

Propos édités pour faciliter la lecture

Qu’est-ce qui vous a motivée à devenir DG du CSFP à Terre-Neuve-et-Labrador?

J’ai toujours été ouverte d’esprit. Je cherchais un nouveau défi, de nouvelles expériences. Je voulais surtout apprendre à mieux connaître les personnes et le monde.

Quant au CSFP, c’est arrivé par hasard, et aussi à cause de la pandémie.

J’ai toujours travaillé dans le système scolaire. En Colombie-Britannique, j’étais professeure d’immersion avant de devenir, à 25 ans, directrice.

Portrait du haut du corps d'une femme.
Ses voyages l’ont amenée au Rocher, et Mme Mell a hâte d’explorer la francophonie terre-neuvienne et labradorienne. Photo: Selena Mell (courtoisie)

Après, j’ai travaillé à Abu Dhabi, à Santiago au Chili, à Berlin, et j’ai une fille qui habite à Montréal. À l’époque, je travaillais en Chine, et c’était compliqué: on était en télétravail – là où il y avait déjà des restrictions Covid – et la moitié du personnel travaillait ailleurs. J’ai décidé de quitter la Chine et déménager au Manitoba pour travailler dans une communauté au nord qui offrait aussi un programme d’immersion. La ville dans laquelle nous vivions comptait 6000 résidents, en grande juxtaposition des grandes villes telles que Berlin. On n’était pas habitué aux petites populations.

Je n’étais pas sûre d’être la bonne candidate pour ce poste, car ça fait longtemps que je suis dans les milieux bilingues mais pas nécessairement dans la francophonie. Pourtant, j’ai eu une très bonne expérience au moment de l’entretien.

Au fur et à mesure, la francophonie m’a rappelé la richesse derrière la langue. On veut apprendre aux élèves qu’apprendre le français, ce n’est pas juste une question de grammaire. Avec l’éducation, tu peux aller partout dans le monde, et avec le français, encore plus.

Pour but personnel, je souhaite vraiment aider les immigrants. Dans mes anciens postes, nos écoles avaient des foires culturelles, pour lesquelles nous avons gagné un prix de l’organisme Me to We. Les solutions à tous les problèmes se trouvent en prenant en considération tous les points de vue. Par exemple, ceux des parents, de l’administration, de la comptabilité. Tisser des liens et écouter tout le monde, c’est ça le travail de direction, pas de tout contrôler.

Quelle était votre connaissance de la province avant de venir? Comment trouvez-vous la vie ici?

Presque rien! Je savais qu’il y avait des poissons, de la musique traditionnelle et des fish n’ chips.

Une des choses que j’aime des petites villes, plus intimes, comme dans les provinces maritimes et atlantiques, c’est l’ambiance. Alors, dès la première journée ici, j’étais heureuse. J’aime bien le vent, les gens me parlaient. Quand tu viens ici, tu te sens à l’aise.

J’étais dans une friperie, et j’ai rencontré une femme franco, qui était surprise d’entendre quelqu’un parler français en ville. Nous sommes devenues rapidement de bonnes amies. On s’est même croisés trois fois après!

Mon mari, qui est chilien, utilise de plus en plus le «yes b’y» terre-neuvien. On se sent vraiment bien ici, très confortable. Ce que j’aime aussi de la province, c’est le paysage et bien sûr les personnes. C’est important pour moi d’aller parler aux gens, et ça se fait très facilement ici.

Par quoi avez-vous commencé, dans votre nouveau rôle?

Pour le moment, j’analyse comment je peux apporter mon soutien. Je demande souvent à mes collègues, «Comment puis-je réduire votre charge?»

Afin de faciliter la communication, les discussions entre les employés et le personnel pourraient être moins formelles. Lorsque nous parlons en situations moins formelles, nous pouvons avoir davantage confiance les uns dans les autres.

J’écoute les suggestions. Je mets les idées dans la poche en analysant les réalités fiscales et les ressources humaines disponibles pour voir s’il y a des thèmes communs.

Chaque jour, je travaille afin d’assembler le casse-tête du portrait de la situation.

Quels sont les principaux dossiers sur lesquels vous désirez travailler ces prochains temps?

Nous travaillons actuellement à la rétention des élèves dans les écoles francophones. Je suis allée à MUN récemment avec le but de trouver de nouveaux enseignants. Cela fait aussi partie de la liste de priorités.

Je vais aussi au Labrador et sur la côte ouest dans les prochaines semaines!

En plus, les rénovations au Rocher-du-Nord sont très intéressantes. J’ai hâte de voir le résultat. Ça va être une belle école. Bien qu’il y ait des délais, la plus importante c’est que les élèves soient dans les salles de classe dans une école sécurisée. L’école commence à être belle avec les drapeaux qui sont hissés devant.

Le caféteria vient d’être terminé sauf des petites affaires. Il n’y a pas encore tout terminé dans la salle de réunion pour les enseignants, mais les Smartboards sont accrochés. Les portes et le manque des salles spécialisées font malheureusement parties des retards, et il y a donc certains matériaux qui n’ont pas été recu à l’heure, dont l’ouragan Fiona est en partie responsable.

À cause de ces délais, nous avons toujours des conseillers qui font toujours du télétravail.

Entretemps, j’offre du soutien comme je peux; la directrice porte déjà plusieurs chapeaux. J’y suis allée trois fois depuis son ouverture et j’ai très hâte de voir les progrès. L’équipe est géniale et les concierges travaillent fort.

Une fois terminée, elle sera une école formidable.

Nous ferons tout pour que l’école soit équitable aux écoles anglophones – et ça le sera.

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