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Une lutte contre la pauvreté menstruelle

Depuis le mois de mai, une nouvelle banque d’approvisionnement intitulée la «Period Priority Project» a distribué environ 4120 produits menstruels pour les personnes en ayant besoin. Derrière le nouveau projet, l’étudiante Leisha Toory explique l’initiative.
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Leisha Toory

Entre mes études en sciences politiques et en français à l’université Memorial, j’ai fondé le «Period Priority Project» au mois de mai dernier pour défendre l’équité menstruelle en offrant aux gens des produits menstruels.

L’initiative s’efforce de faire une différence avec chaque don afin qu’il y ait une personne de moins qui doive se soucier de l’accessibilité et de la sécurité des produits menstruels. 

La pauvreté menstruelle est malheureusement prévalente dans notre province, mais jusqu’à présent le Period Priority Project a fièrement distribué 4120 produits menstruels depuis sa création.

Les produits menstruels qui me sont donnés sont ensuite déposés dans différents refuges comme Stella’s Circle Naomi Centre, Iris Kirby House, Choices for Youth, Bridges to Hope, Pottle Centre et Easter Seals NL. Il y a aussi la First Light NL, Little Free Pantries, Association for New Canadians NL, North Star Child and Youth Advocacy Centre, Violence Prevention Avalon East, Thrive NL et Elizabeth Fry NL qui ont reçu des dons. En plus de tous ces organismes, j’expédie des produits menstruels à Nain, Rigolet, Happy Valley-Goose Bay et au Yukon.

Leisha Toory (à gauche) dépose des donations à Bridges to Hope Food Aid Centre. Photo: Courtoisie

Les dons et la rupture du silence

Qu’est-ce qui m’a poussé à démarrer ce projet? Je me souviens qu’à l’école, tous mes amis parlaient de la façon dont leurs mères disaient à quel point les serviettes hygiéniques étaient chères et nous étions tous d’accord.  Mais cette observation était teintée de résignation et ne nous amenait pas à questionner le coût insensé de ces produits pourtant essentiels.

Sans compter qu’il y existe une culture du silence autour du sujet des menstruations dans les conversations. Cette culture était un frein à ce questionnement si nécessaire, mais elle explique aussi pourquoi de nombreuses personnes qui ont leurs règles ont recours à divers euphémismes plutôt que de dire «menstruation». 

Or, lorsque nous ne remettons pas en question le coût élevé de l’approvisionnement menstruel et lorsque nous refusons d’abolir cette stigmatisation autour des menstruations en en parlant ouvertement, nous participons activement au maintien de l’inégalité menstruelle. La première étape pour plaider en faveur de l’équité menstruelle consiste à reconnaître que la menstruation est une fonction normale et à en parler confortablement.

Ce n’est qu’au cours des dernières années que j’ai vraiment commencé à me demander pourquoi les produits menstruels étaient si chers alors qu’ils sont une nécessité et non un luxe. On m’a appris à être reconnaissant pour tous les besoins de base auxquels j’ai accès, car il y a des personnes qui luttent chaque jour pour subvenir à leurs besoins de base. Et dans ce cas, même si j’ai le privilège de parler du coût de l’approvisionnement menstruel mais que je l’achète chaque fois que j’en ai besoin, il y a des gens qui utilisent autre chose que des produits menstruels. De plus, avec le taux élevé d’itinérance à Terre-Neuve-et-Labrador, je ne peux pas imaginer combien de personnes doivent choisir entre un lit, de la nourriture et des approvisionnements menstruels.  

Un modèle communautaire

J’ai voulu utiliser les banques alimentaires comme modèle. Nous avons des épiceries dans la province, mais nous avons aussi de l’insécurité alimentaire – raison pour laquelle nous avons des banques alimentaires. De même, la pauvreté menstruelle est répandue ici. Nous avons des pharmacies et des épiceries, mais nous n’avons pas de banques d’approvisionnement analogues aux banques alimentaires.  

Voici l’objectif de mon projet: c’est une banque d’approvisionnement modeste qui repose sur des dons qui sont ensuite déposés dans des refuges. Chaque donation est un rappel que les produits menstruels sont présentement un luxe et demeurent inaccessibles pour beaucoup de gens. 

Pour contribuer à lutter contre la pauvreté menstruelle à travers des dons, vous pouvez me contacter par courriel à l’adresse suivante: [email protected].

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