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Montée des eaux et terrains perdus: estimer les pertes

Il y a peu d’endroits dans le monde où l’on peut associer directement crise immobilière en cours et changements climatiques. La Floride, frappée dernièrement par l’ouragan Ian, est l’un de ces endroits.
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Agence Science-Presse

Dans l’ensemble des États-Unis, près de 650000 propriétés, représentant 18000 km2, se retrouveront, en tout ou en partie, sous le niveau des marées d’ici 2050. Le plus gros contingent est en Louisiane, suivi de la Floride et du Texas.

Une équipe du site Climate Central — un partenariat entre chercheurs et journalistes — a effectué une analyse comparative des données sur la hausse du niveau des marées, et des données sur la distribution géographique de 50 millions de propriétés, dans le but d’identifier les territoires les plus à risque.

Un phare rouge et blanc sur le bord de l’océan.
Photo: Gurpreet Singh (Unsplash)

La raison première de cette compilation, parue le 8 septembre, était d’estimer les coûts économiques. Or, il s’avère que ces propriétés qui seront sous l’eau en 2050 représentent 35 milliards $ en valeurs mobilières. La valeur des pertes pourrait atteindre 108 milliards $ en 2100 (ou 37000 km2), si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas très vite. Les auteurs de l’étude notent que, n’ayant pas eu accès aux valeurs des propriétés de l’ensemble des comtés du pays, la facture finale pourrait être encore plus élevée.

Leur intuition était qu’on n’en est plus au stade où les événements météorologiques extrêmes se traduisent uniquement en des dégâts aux propriétés du bord de mer, mais qu’on entrevoit d’ores et déjà des factures beaucoup plus élevées. Et, parallèlement, des pertes de revenus substantielles pour les autorités locales, au fur et à mesure que des terres deviendront inhabitables.

«Les eaux des marées plus élevées se rendent plus loin à l’intérieur, inondant des terrains et des édifices qui n’avaient jamais été inondés auparavant», résume le document.

D’autres rapports scientifiques ont estimé ces dernières années les kilomètres carrés de rivages perdus, mais sans aller jusqu’à une estimation financière.

C’est sans compter que les villes seront aussi confrontées aux coûts des routes à refaire ou à déplacer, des fosses septiques inondées et des égouts de plus en plus dépassés par l’ampleur des inondations.

En théorie, le scénario du pire n’est pas inévitable, spécialement celui pour 2100. Tout dépend de la vitesse à laquelle l’humanité réduira ses gaz à effet de serre, et de la façon dont ces communautés se prépareront à limiter les dégâts. Les auteurs de l’étude, qui est parue trois semaines avant que l’ouragan Ian ne frappe la Floride, disent espérer que leurs données donneront aux élus et aux citoyens l’information dont ils auront besoin pour faire des choix.

Dans l’immédiat, il est certain que la facture élevée qui attend la Floride vient de sa croissance démographique: 3 millions de personnes de plus depuis 2010. La ville à avoir connu la plus forte croissance, Fort Myers, s’est retrouvée sur la trajectoire de l’ouragan. Mercredi, les assureurs s’attendaient à des réclamations oscillant entre 20 et 40 milliards $.

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