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En mars, les aînés de Port-au-Port s’exposent!

Exposition Port-au-Port

Au cours des derniers mois, 40 aînés francophones de la péninsule de Port-au-Port ont découvert les rudiments de la photographie lors d’une série d’ateliers inédits offerts par l’Association régionale de la côte ouest (ARCO). En mars, les photographes en herbe exposeront, dans leurs localités et à St. John’s, le fruit de leur travail à l’occasion des Rendez-vous de la francophonie (RVF) 2019.

L’automne et l’hiver ont été occupés pour Michael Fenwick, comédien, photographe et cinéaste originaire de Cap-Saint-George, et sa soeur Catherine Fenwick, directrice générale de l’ARCO. À raison de trois jours par semaine, le duo, assisté de quelques bénévoles, a parcouru la péninsule d’est en ouest afin d’initier des aînés des communautés de l’Anse-à-Canards, La Grand’Terre et Cap-Saint-Georges à la photographie et à l’utilisation des technologies qui y sont reliées.

Cette série de dix ateliers de photographie et technologie, novatrice dans la province, a été offerte gratuitement aux personnes de 50 ans et plus de la péninsule dans le cadre du programme fédéral Nouveaux horizons pour les aînés. Six séances de groupe dans les trois communautés, incluant un soutien personnalisé en classe, étaient à l’horaire chaque semaine. Afin d’accommoder une aînée, les instructeurs ont même accepté de faire escale à son domicile de Cap-Saint-Georges pour qu’elle et deux autres dames puissent recevoir la formation.

« Nous avons tendance à tenir ces connaissances pour acquises, mais ces générations n’ont pas eu la chance d’explorer ces technologies au cours de leur vie », fait remarquer Catherine Fenwick. « Pour ces aînés, c’est tout un univers qui s’ouvre à eux. Certains d’entre eux ne possèdent pas d’ordinateur ni de téléphone leur permettant de prendre des photos », poursuit madame Fenwick, qui a coordonné le projet en collaboration avec la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador.  

Il fallait donc solidifier les bases. D’abord, comment se servir d’une caméra et comprendre son fonctionnement : à quoi servent chacune des commandes, où insérer la carte mémoire, comment recharger la batterie, etc.

Au début de la formation, les 40 participants se sont vu remettre une caméra neuve du même modèle  pour faciliter les enseignements. « Nous avons opté pour une caméra compacte afin que les apprenants aient envie de l’apporter lorsqu’ils sortent de la maison et qu’ils mettent en pratique leurs acquis lors de leurs balades », détaille Catherine Fenwick, qui a assisté son frère lors des séances de formation. Les participants pourront conserver l’appareil au terme de la formation et poursuivre leurs explorations.

 


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Littératie technologique par la photographie artistique

Maîtriser la photographie numérique implique aussi de savoir utiliser d’autres outils connexes tels qu’un ordinateur, une tablette, des logiciels de gestion et de traitement de photos… et les réseaux sociaux! Entre autres, les participants ont appris à se créer un compte Facebook afin d’y publier leurs clichés. Ces derniers ont aussi pu s’initier à la création de vidéos. La visée des ateliers allait au-delà d’enseigner l’art de faire de belles photos : l’objectif ultime consistait à permettre aux aînés de dépasser leurs craintes et appréhensions envers ces outils afin qu’ils deviennent autonomes dans leur usage de la technologie. Autrement dit, un cours de littératie technologique dissimulé dans des ateliers de photographie.

À la fin de chaque séance, les apprenants repartaient à la maison avec des devoirs à faire, afin de mettre en pratique les acquis en classe. « Des essais et des erreurs leur ont permis de comprendre les règles de composition d’une image », illustre Catherine Fenwick. Ils ont aussi pu expérimenter divers types de photographie, comme la basse lumière, les paysages, le portrait et la macro. Cette dernière technique, qui consiste à photographier un objet de très près, a d’ailleurs surpris et conquis bien des participants qui ont vu de banals objets de leur quotidien se transformer en oeuvre d’art abstraite sur leurs écrans. Une nouvelle façon pour eux d’exprimer leur créativité.

Tout compte fait, ces ateliers ont permis de contribuer à briser l’isolement de ces aînés de maintes façons : « Ils sont non seulement outillés pour capter en photos et en vidéo des sujets, des moments et des paysages qui les touchent et qui représentent leur quotidien dans notre magnifique région, ils savent aussi comment les partager à leur famille, à leurs petits-enfants, à leurs amis via les réseaux sociaux », se réjouit Catherine Fenwick, pour qui ce projet est mission accomplie. Un petit coup de sonde auprès de quelques participants a confirmé ses dires : les aînés, qui ont même fait des envieux chez les plus jeunes, se sont dits enchantés par cette introduction à la photographie et à la technologie adapté à leur rythme d’apprentissage et à leur niveau de connaissances.

Bref, mission accomplie, ou presque, puisqu’il reste encore l’exposition à mettre sur pied. Au moment de mettre sous presse, les participants s’apprêtaient à recevoir leur dernier cours, lors duquel ils devaient choisir l’oeuvre qu’ils voudraient dévoiler au public pour la période du 5 au 31 mars.


Cap-Saint-Georges
Oeuvre de Joseph Benoit, Cap-Saint-Georges

Vernissages à Port-au-Port, puis à St. John’s

Ce n’est pas un, mais trois vernissages dans chacune des trois localités francophones de la péninsule qui marqueront le début de cette exposition de 40 photographies en format 40 cm X 50 cm. Le public est invité à assister à ces trois soirées artistiques, qui auront lieu à 18 h le 5 mars Chez les Français de l’Anse-à-Canards, le 6 mars à l’Héritage de l’île Rouge de La Grand’Terre et le 7 mars au centre des Terre-Neuviens français à Cap-Saint-Georges. Les oeuvres seront exposées dans les trois centres communautaires jusqu’au 31 mars. Une dizaine de photographies seront également exposées à St. John’s alors que seront réunis dans la capitale tous les représentants de la Fédérations des francophones de Terre-Neuve et du Labrador à l’occasion de son conseil provincial, prévu en mars.

Texte de Marilynn Guay Racicot, publié dans l’édition spéciale des Rendez-vous de la francophonie 2019 à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Catherine Fenwick

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