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Nous sommes des révolutionnaires

Quel est notre rôle dans un monde marqué par la dualité? Le bon et le mauvais, le vrai et le faux, la vie et la mort. Il y a tellement de nuances à explorer dans chaque sujet qu’il est problématique de voir tout en noir et blanc.
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Journée de la visibilité transgenre

Jessie Lawrence

Jessie Lawrence est une jeune francophone non-binaire de Corner Brook qui étudie actuellement la diversité et la justice sociale à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. Récipiendaire de la Médaille de la paix du YMCA et du Prix des droits humains 2019 de la Commission des droits de la personne de Terre-Neuve-et-Labrador, iel explique pourquoi le 31 mars, Journée de la visibilité transgenre, est une date importante à souligner. Photo: Courtoisie Jessie Lawrence

Les jeunes non-binaires par exemple sont touchés d’une manière disproportionnée par les crises – et surtout celleux faisant partie d’une minorité visible. Pensons à la pandémie! – et les injustices sociales qui traversent la vie ordinaire. Mon cœur bat aussi pour tout.es mes ami.es en Ukraine qui essaient d’être en sécurité, aux personnes migrantes dans les limbes alors qu’elles attendent de fuir vers des communautés plus tolérantes.

Dans un monde ravagé par l’injustice, tout, du coût du logement jusqu’au prix de l’essence, affecte les populations minorisées de manière disproportionnée. Malgré tous les défis du monde actuellement, la Journée de la visibilité transgenre offre un moment de réflexion et de célébration de tout ce que nous avons accompli jusqu’à présent. Elle est une occasion importante afin de témoigner de ce qui est possible pour notre communauté. Les personnes trans et non-binaire méritent également l’amour, la sûreté, et la sécurité. En ce jour, nous espérons souligner les triomphes de la communauté dans sa diversité.

Être d’expression francophone et questionner le genre est compliqué. Plus que la complexité du phénomène du genre lui-même, nous devons également naviguer dans une langue engluée dans des connotations sexuées. La neutralité pose un défi important pour la langue, qui est un obstacle à l’inclusivité. Or le fait même de dire cela est un pas important. Un usage plus neutre de la langue commence à faire son chemin dans le domaine social commun et les pronoms comme «iel» deviennent de plus en plus populaires. C’est en normalisant ces identités et en développant un langage plus neutre que nous pouvons soutenir nos amis transgenres et non-binaires en créant des communautés plus sécuritaires et plus inclusives pour tout.es.

Notre travail en faveur de la justice et de l’équité est loin d’être terminé, bien sûr. Nous avons encore de très nombreux défis à aborder, en particulier à l’échelle mondiale, mais lorsque nous prenons le temps de réfléchir au chemin parcouru par la communauté 2SLGBTQ+, nous devons également comprendre que les progrès qui nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui sont en grande partie dus aux efforts incessants de personnes trans et de genre divers. Il ne faut pas également oublier la contribution de personnes qui s’identifient comme faisant partie de minorités visibles. L’histoire de notre communauté n’est pas jolie, c’est une lutte difficile, désordonnée, dangereuse, parfois illégale, mais c’est aussi une source d’inspiration et un témoignage de nos efforts collectifs de mobilisation et du retentissement que ces efforts peuvent avoir dans la société.

Ce jour, et tout au long de l’année, écoutez celleux qui ne sont pas entendu.es par les autorités; amplifiez la voix et élevez celleux qui sont souvent exclu.es; éduquez-vous par la littérature et des sources reconnues. Tout cela enlève de la pression sur les personnes minorisées, à qui ont demande trop souvent de dépenser leur énergie et d’éduquer les autres quant à la discrimination qui persiste et de laquelle iels sont toujours victimes.

Enfin, utilisez vos propres privilèges pour agir de manière positive et efficace, et soyez vigilants et fermes face aux marques d’intolérances qui ravagent toujours la société dans tous les domaines: celui de l’éducation, de l’emploi, au sein même du gouvernement. Si vous êtes en mesure de faire des changements, faites-le.

Nous ne sommes pas effrayant.es. Nous ne sommes pas inférieur.es. Nous sommes des êtres humains, nous sommes puissants et nous sommes des révolutionnaires.


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