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En reprise : Mark Cherwick, 8 ans, chanteur punk et linguiste

Banana Vacuum Le Gaboteur

Avec son groupe de punk-rock Banana Vacuum, qui se produisait sur la scène du LSPU Hall le 8 décembre dernier, le jeune élève de l’école des Grands-Vents Mark Cherwick chante ce qu’il n’aime pas, notamment les œufs et les avocats. Rencontre avec la nouvelle star punk de St. John’s, qui s’exprime dans un français impeccable et parle, surtout, de ce qu’il aime.

Par Aude Pidoux

« Je ne comprends pas vraiment pourquoi les gens aiment écouter de la musique à la maison, moi je préfère écouter les informations. » La nouvelle coqueluche musicale de St John’s, le chanteur du groupe punk-rock Banana Vacuum Mark Cherwick a huit ans, les cheveux blonds, le regard vif et un caractère affirmé. Il suffit d’écouter les paroles des chansons qu’il compose en anglais pour s’en convaincre : « Arrêtez de me tester, je ne serai pas comme vous voulez que je sois »,  « N’essayez pas de me nourrir d’avocats », « Je n’aime pas quand ma sœur est énervante » [nos traductions]…

Mark compose les paroles et chante, son grand frère de 19 ans Jacob Cherwick s’occupe de l’arrangement musical et l’accompagne à la guitare électrique et à la batterie. Les frangins ont enregistré le premier album de Banana Vacuum, Never Mind the Minions, à l’occasion du RPM Challenge 2018, un concours de musique qui propose de créer et d’enregistrer un album en 28 jours pendant le mois de février.

Depuis, les frères Cherwick se taillent un petit succès, tant dans les médias qu’auprès du public. Les lecteurs du journal The Overcast ont récemment élu Banana Vacuum meilleur album RPM 2018 et deuxième meilleur nouveau groupe. Si leur musique est pleine d’énergie et entraînante, la personnalité de Mark et les paroles de ses chansons sont aussi un ingrédient important du succès de Banana Vacuum.

« Au début, pour notre album, mon frère Jacob m’a demandé de chanter des syllabes qui ne voulaient rien dire, comme les Minions, mais ça ne donnait rien, explique Mark. Alors il m’a demandé : ‘Mark, qu’est-ce que tu n’aimes pas?’ J’ai répondu les œufs, les avocats, quand ma sœur m’embête. Et là ça a marché! La plupart des chansons sont au sujet de ce que je n’aime pas. » Pense-t-il faire un nouvel album? Peut-être pour le RPM Challenge 2019. « Quelqu’un m’a suggéré de refaire les mêmes chansons, mais en français cette fois. »

Passionné de langues

Mark est en effet trilingue. À la maison, il parle ukrainien et anglais, mais il répond aux questions du Gaboteur dans un français parfait. Il fréquente l’école des Grands-Vents. C’est là qu’il a appris le français, qu’il parle beaucoup mieux que ses parents « bien sûr », note-t-il avec un sourire. En effet, s’il est né dans une famille de musiciens et qu’il étudie le violon depuis qu’il est tout petit, Mark a beaucoup d’autres intérêts que la musique. « Mes plus grandes passions sont la linguistique, l’histoire et la géographie. »

Ainsi, Mark comprend et parle aussi un peu le russe ainsi que le ruthène. « C’est un dialecte qui ressemble beaucoup à l’ukrainien et qui est parlé non seulement à l’ouest de l’Ukraine au-delà des Carpates, mais aussi en Slovaquie et en Pologne. », explique-t-il. Ses yeux brillent. Les différentes langues et dialectes slaves de l’est n’ont aucun secret pour lui. Il se lance dans un petit exposé à ce sujet. « Mais j’aimerais aussi apprendre l’allemand, le polonais et le tchèque, conclut-il. Je pense aussi que ce serait une bonne idée de faire revivre la langue proto-indo-européenne, qui est à l’origine des langues que parle près de la moitié de la population mondiale. »

Mark parle beaucoup. C’est pour cette raison que sa grande sœur lui a proposé de créer une chaîne de vidéos sur YouTube intitulée « Mark Cherwick about everything », dans laquelle Mark disserte sur des sujets qui l’intéressent. Cela va de la phonétique aux différentes théories sur le Big Bang, en passant par des questions géopolitiques. « Je suis curieux, je pose plein de questions. J’aime lire des informations sur internet, sur Wikipédia et dans des livres. A l’école, mon enseignante me donne plein de sujets sur lesquels apprendre et faire des recherches, surtout dans le domaine des maths. Je dirais que les maths c’est ma force, mais ce n’est pas ma passion. »

En partant, je lui demande ce qu’il va faire ce dimanche après-midi. Il regarde son papa, qui répond : « Il fait beau, il y a de la neige, on va jouer dehors. » Mark soupire. « Je préfère lire des informations sur internet. Je n’aime pas tellement faire des activités avec mon corps. Si je pouvais, j’aimerais être une grosse tête avec des mains. Et aussi avec des ailes, pour voler. »

Photos de Jacinthe Tremblay et d’Aude Pidoux

Cet article a été publié dans Le Gaboteur du 17 décembre 2018.


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