Éducation, Société, Tous

Deux enseignantes francophones reconnues pour leur travail

Il y a un million de qualités qui font de quelqu’un.e un.e bon.ne enseignant.e. Le 28 octobre dernier, quatorze personnes éducatrices ont reçu des prix qui visent à reconnaître des qualités particulièrement importantes en éducation: la compassion et l’innovation. Parmi les lauréat.e.s de ces Prix de l’enseignement, deux francophones: Nathalie Brunet et Céline Monnier.
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Rose Avoine-Dalton

Deux francophones figurent parmi les lauréats des tout premiers Prix du premier ministre pour l’innovation dans l’enseignement et du Prix du ministre de l’Éducation pour la compassion dans l’enseignement: Nathalie Brunet, enseignante retraitée de l’école intermédiaire Macdonald Drive Junior High (MDJH) et Céline Monnier, enseignante-bibliothécaire de l’École des Grands-Vents (EGV).

Avec une maîtrise en chimie de l’Université de la Colombie-Britannique en poche, la Franco-ontarienne Nathalie Brunet s’est tournée vers Terre-Neuve-et-Labrador pour travailler à l’Université Memorial (MUNL) en 1988. Après avoir travaillé au Département de chimie comme assistante de recherche pendant quelques années, la scientifique est «retournée aux études» afin d’obtenir un baccalauréat en éducation à MUNL. Ceci fait, en 1995, elle s’est trouvé une position comme enseignante de science et de français à MDJH de St. John’s, où elle est restée jusqu’en 2021. 

Une carrière de 26 ans comme éducatrice maintenant terminée, Mme Brunet a été récipiendaire du nouveau Prix du ministre de l’Éducation pour la compassion dans l’enseignement, qui vise à reconnaître les enseignants inspirés et compatissants qui se surpassent pour soutenir la santé sociale, émotionnelle et mentale de leurs élèves, de leurs collègues et plus généralement des membres de leur communauté scolaire. 

«Enseigner a été une expérience qui a été profondément, émotionnellement enrichissante pour moi. […] Maintenant que j’ai laissé ça derrière, avoir l’occasion de revivre tout ça au moment de la cérémonie, de revoir d’autres enseignant.es avec qui j’ai travaillé, et puis de recevoir ce prix dans une situation où ce que j’ai vécu et fait est reconnu par les autres […], c’était vraiment très puissant.»

L’inclusivité en avant

Une femme debout dans une sale de classe, elle porte un drapeau multicolore LGBTQ+ attaché autour de son cou comme une cape.
Nathalie Brunet dans son ancienne salle de classe à l’école Macdonald Drive Junior High, avec un drapeau LGBTQ+ comme cape! Photo: Courtoisie de Nathalie Brunet

Tout au long de sa carrière, Mme Brunet a toujours su amener différents aspects de sa personnalité à son enseignement, créant une atmosphère positive, voire même sportive dans sa salle de classe! Jouer de la flûte à bec pour ses élèves – «Bien! C’est possible, ça existe, c’est un instrument parfaitement légitime!» -, utiliser des notions de taekwondo pour expliquer des concepts, créer du matériel d’enseignement unique et original afin d’accrocher ses élèves… Quelques exemples d’un enseignement passionné et innovateur!  

Elle est aussi une véritable championne de l’inclusion, abordant avec ses élèves de la 7e à la 9e année des sujets comme la crise climatique, le racisme et le sexisme. Mme Brunet a particulièrement travaillé pour l’inclusion et l’acceptation des personnes et élèves LGTBQ+. 

«J’ai fait les dix premières années de ma carrière pensant que j’étais straight [hétéro]. […] Je suis lesbienne, mais j’avais 42 ans quand je suis sortie du placard. Ça veut dire que pendant une grande portion de ma carrière d’enseignante, cette partie-là de ma contribution à la culture de l’école n’était pas encore arrivée.» 

En 2013, Mme Brunet a créé le premier Gender and Sexuality Alliance (GSA) (alliance pour le genre et la sexualité) de Mcdonald Drive Junior High. Ce club, qu’elle a animé pendant plusieurs années dans sa salle de classe durant les heures de dîner, est une occasion pour les élèves LGBTQ+ et les allié.es de se rencontrer. L’enseignante voulait instituer un espace sécuritaire où tous les élèves – peu importe leur genre ou leur orientation sexuelle – pourraient se sentir confortables. Au fil des ans, le club a multiplié les activités. Il a notamment récolté des fonds pour des organisation à but non lucratif et a participé à un bon nombre de conférences portant sur des thèmes liés à la diversité et à l’inclusion.

Revivre une carrière de 26 ans

Ayant maintenant pris sa retraite, la réception de ce prix lui a permis «de remesurer, de retoucher les relations que j’ai eues dans la salle de classe, dans le climat de l’école et même dans la commission scolaire plus largement. C’était, en quelque sorte, une dernière occasion de revivre cet amour, cette passion  que j’ai ressentis dans mon travail», partage-t-elle avec Le Gaboteur

En élaborant pensivement, Mme Brunet confie qu’«après la remise du prix, toute l’intensité de cette passion m’est revenue. Il y a un sentiment de deuil, parce que je n’y suis plus [dans le milieu de l’éducation]. J’ai aussi énormément de gratitude lorsque je pense à ces 26 années de grand amour», explique-t-elle en luttant contre des larmes. «Il m’en reste quelque chose, je pense que ça m’a transformée» L’ancienne enseignante finit avec un rire, «C’est un peu théâtral, mais j’ai vécu un grand amour pendant 26 ans!»

L’innovation francophone récompensée

Enseignante originaire de la France, Céline Monnier a été la deuxième francophone récipiendaire d’un prix durant la cérémonie du 28 octobre. Après avoir complété ses études en Nouvelle-Écosse, où elle a rencontré son mari terre-neuvien, elle l’a suivi vers sa province natale.

Arrivée sur le Vieux Rocher en 2003, elle a commencé sa carrière en éducation avec le Conseil scolaire francophone provincial, où elle enseigne maintenant comme spécialiste de lecture, bibliothécaire et enseignante de l’École des Grands-Vents. 

La passionnée de lecture a reçu le Prix du premier ministre pour l’innovation dans l’enseignement directement d’Andrew Furey lui-même. Ce prix est destiné aux enseignant.e.s qui ont su faire preuve d’innovation dans leurs écoles et qui trouvent de nouveaux moyens d’enseigner le curriculum.

En plus de combler trois différents rôles au sein de l’école, l’éducatrice a entrepris plusieurs projets pour l’amélioration de l’éducation à l’École des Grands-Vents. Notamment, c’est elle qui a facilité la création de la nouvelle bibliothèque, le Carrefour d’apprentissage. Ce projet de réaménagement a donné lieu à un nouvel espace d’apprentissage hybride. «Ce n’est plus une bibliothèque traditionnelle, c’est une extension de la salle de classe.» explique-t-elle du projet.

En plus de la rénovation complète de la bibliothèque physique, la spécialiste de lecture à démonter son innovation sur le Web. En réponse à la pandémie de COVID-19, Mme Monnier a créé une autre ressource pédagogique: une bibliothèque virtuelle. Rempli a fond de livre de langue française venue de Québec et d’ailleurs, outil numérique était indispensable pour les élèves poursuivant leurs éducations chez eux en confinement.

Ses sentiments après avoir reçu le Prix? «J’étais très touché, et reconnaissante que mon travail ait été reconnu. Très reconnaissante aussi aux personnes qui ont pris la peine de poser ma candidature, s’était une surprise! Je suis vraiment honoré de recevoir ce prix-là.»

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