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Continuer à se battre contre la violence de genre

Du 25 novembre au 10 décembre, on souligne les 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre (VFG), notamment au Canada. La campagne internationale a pour but d’inciter chacun d’entre nous à participer à cette lutte contre la VFG. Pour parler de ce sujet, Le Gaboteur a approché le St. John’s Status of Women Council (Conseil du statut de la femme de St. John’s ou SJSOWC), une organisation qui œuvre pour l’égalité et la justice pour toutes les femmes de la région de St. John’s depuis 1972. Entrevue avec Bridget Clarke et Catherine Burgess, coordinatrices au SJSOWC.
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Rose Avoine-Dalton

IJL – Réseau.Presse- Le Gaboteur

Rose Avoine-Dalton- Quelle est la situation actuelle en ce qui concerne la VFG dans la province?

Bridget Clarke et Catherine Burgess- Notre récent projet de recherche, DV @ Work NL , a révélé que 54% des répondants à travers Terre-Neuve-et-Labrador ont déclaré avoir vécu de la violence domestique (VD) au cours de leur vie, contre 34% des Canadiens dans une étude nationale similaire. Cela signifie que les personnes dans notre province subissent de la VD à des taux considérablement plus élevés que la plupart des Canadiens. De plus, cette enquête a été menée avant la pandémie, qui, nous le savons, n’a fait qu’exacerber les problèmes de violence en modifiant l’accès aux ressources et en augmentant l’isolement.

RAD- Les 16 jours d’activisme ont notamment pour but de sensibiliser la population au sujet de la VFG afin de pouvoir collectivement y mettre fin. Quel travail reste-t-il à accomplir dans la province pour atteindre cet objectif?

BC & CB- La stigmatisation joue un rôle important dans la continuation de la VFG. Elle donne aux gens l’impression qu’ils ne peuvent pas ou ne devraient pas le signaler quand ils subissent de la VFG, et elle finit par intensifier les sentiments d’isolement, d’humiliation et de honte chez les victimes. Pareillement, lorsqu’une personne soupçonne qu’un de ses proches subit de la VFG, beaucoup évitent d’aborder le sujet à cause de la stigmatisation; ils croient que ce n’est pas à eux de s’impliquer, ou qu’ils risquent d’aggraver le problème. 

La VFG met les gens mal à l’aise, et il peut parfois sembler plus facile de fermer les yeux que d’agir. Mais chacun peut contribuer à changer les choses en parlant du sujet et en soutenant les personnes qui décident de verbaliser leur expérience. On peut faire des petites actions comme prendre des nouvelles d’un.e ami.e dont on pense qu’il ou elle a des difficultés conjugales ou familiales; ou encore, dénoncer quelqu’un qui fait un commentaire inapproprié envers une autre personne. 

L’élimination du stigma joue un rôle important dans la lutte contre la VFG. Si nous pouvons aider les gens à se sentir plus à l’aise à l’idée de parler de la VFG, et à être plus confiants pour prendre contact avec des personnes qui en sont peut-être victimes, cela fera une différence majeure pour atteindre l’objectif de mettre fin à la VFG. Le fait de parler ouvertement de la VFG et de reconnaître qu’il s’agit là d’un problème qui touche tout le monde réduira l’isolement et permettra à davantage de personnes de trouver du soutien. 

RAD- Le SJSOWC lance-t-il des initiatives ou des campagnes en lien avec les 16 jours d’activisme contre VFG?

BC & CB- Oui, nous avons un nouveau programme sur la VFG. Le SJSOWC a lancé en novembre un programme d’apprentissage en ligne gratuit et accessible sur la VFG, intitulé Empowering Them («Empuissantez-les»). Le programme est disponible toute l’année 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour tous les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador âgés de 14 ans et plus. […] Empowering Them remet en question l’idée que la VFG est uniquement un problème de femmes, et montre comment la VFG touche tout le monde, que nous en soyons conscients ou non. Il s’agit d’un programme qui propose aux utilisateurs des stratégies réalistes et réalisables pour faire face à la VFG et prendre soin des personnes dans leur vie.

RAD- Pourriez-vous nous faire part de ressources destinées aux victimes de VFG?

BC & CB- Lorsque vous connaissez des ressources destinées aux personnes victimes de VFG, cela peut vous aider, mais vous pouvez également utiliser ces informations pour aider les autres. Sauvegardez dans votre téléphone le numéro d’une ressource telle que la ligne d’aide provinciale contre la violence domestique de Terre-Neuve-et-Labrador (1-888-709-7090) pour l’avoir sous la main rapidement ou la partager. […]. 

Au SJSOWC, nous offrons un ensemble de programmes pour redonner confiance aux femmes et aux personnes non binaires qui ont été victimes de VFG. Parmi ceux-ci figurent notre «groupe d’empuissancement» (empowering group), notre groupe de soutien par les pairs et notre cours en ligne. Nous proposons également un service de conseil sans rendez-vous les mardis et mercredis, appelé Right Here, Right Now («Ici, maintenant»). 

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