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Sécurité des passagers aériens compromise

Le directeur du Service de prévention des incendies de Labrador City, Joe Power, critique le plan d’urgence désuet à l’aéroport régional de Wabush qui dessert la population de l’Ouest du Labrador et de Fermont au Québec. Selon ce dernier, une situation potentiellement désastreuse survenue récemment a rudement mis à l’épreuve le plan de préparation en cas de catastrophe aérienne et remet en question l’efficacité des mesures aéroportuaires d’urgence destinées à prévenir une tragédie.
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Texte et photo: Éric Cyr

La démarche du chef des pompiers de Labrador City, qui accuse Transports Canada de parachuter ses responsabilités sur le dos des municipalités, a pour objectif d’informer les pilotes, les voyageurs et les citoyens des risques qu’ils encourent en transitant par l’aérodrome de Wabush dont les ressources ont été considérablement réduites par le ministère des Transports du Canada qui a démantelé le service local de sauvetage et de lutte contre les incendies d’aéronefs, le 7 août 2020. 

Confusion totale

M. Power, qui a informé, il y a un an, le directeur de l’aéroport de Wabush de graves lacunes liées au plan d’urgence, établi en janvier 2013, et qui n’a jamais obtenu de réponse, a déclaré que l’intervention du 19 janvier 2022 survenue lors de l’atterrissage d’urgence d’un avion Beechcraft avec 17 personnes à bord aux prises avec une panne de moteur avait lamentablement échoué. «La déclaration que Transports Canada a faite à un journaliste de Radio-Canada/CBC à la suite de cet événement indiquant que tout est sécuritaire à l’aérogare de Wabush m’inquiète grandement et me fait craindre le pire. L’intervention du service d’incendies et de sauvetage (Fire and Rescue) de Labrador City me laisse perplexe et je redoute qu’une catastrophe aérienne puisse éventuellement se produire. Je constate que les intervenants de ce terminal aérien ne sont pas aussi bien formés qu’ils devraient l’être et manquent sérieusement de préparation pour faire face à une situation d’urgence. Cette grave lacune organisationnelle s’avère très problématique et sème la confusion lors d’un déploiement des services d’urgence», explique M. Power qui dénonce le manque de communication et de coordination des instances aéroportuaires lors de ces récentes manœuvres sur le terrain. D’autres qui ont mobilisé sont les services de prévention des incendies de Wabush et de Labrador City, les policiers provinciaux de la Royal Newfoundland Constabulary, les agents de sécurité de la minière IOC, et le personnel de la Régie régionale de la santé Labrador Grenfell Health, qui se sont joints aux opérations et qui ont été pris en otage inutilement par manque d’informations précises relatives à l’incident qui aurait pu s’avérer périlleux.

À vos risques et périls

Le mécontentement des citoyens des trois localités minières de la région ainsi que de nombreux utilisateurs de ce terminal aérien n’ont pas changé la décision de Transports Canada qui a aboli les services d’urgence-incendie qui y étaient rattachés, à l’été 2020, malgré une forte opposition locale. Des professionnels du domaine croyaient alors que Transports Canada mettait la vie des passagers en danger. Le pompier Ryan Connolly, qui a travaillé au sein de cette brigade, affirmait que sa suppression mettait les passagers et les équipages atterrissant et décollant de Wabush à risque. Selon ce dernier, des professionnels spécialisés et formés dans ce genre particulier d’intervention doivent être sur place et prêts à intervenir rapidement en cas d’urgence. Il expliquait qu’il n’y a pas que dans le cas d’un écrasement d’avion que les pompiers peuvent faire toute la différence, mais aussi lorsqu’un incendie de moteur se déclare ou lors d’un déversement de carburant qui s’enflamme. Chaque seconde compte pour sauver des vies et le laps de temps d’intervention est primordial. Le type de carburant utilisé dans les avions brûle très rapidement et les flammes se comportent de façon agressive, il est donc essentiel que des pompiers soient physiquement sur les lieux et constamment sur le qui-vive afin de parer une éventuelle tragédie humaine en contrôlant les facteurs pouvant l’engendrer notamment les flammes qu’ils doivent tenter de maîtriser dès le début afin que le feu ne se propage pas aux sorties de l’appareil.

Vies humaines et statistiques

Le gouvernement fédéral indiquait à l’époque, afin de justifier le retrait du service, que le volume de passagers requis annuellement pour que les services d’incendie soient obligatoires dans une installation aéroportuaire est de 180 000 passagers et jugeait alors que ce seuil ne serait pas atteint à Wabush selon ses calculs contestés par les élus locaux. Il n’y aurait donc, selon Ottawa, aucune obligation réglementaire de fournir ce service. À la suite du témoignage de M. Power, un porte-parole de Transports Canada a indiqué que le plan d’intervention d’urgence de l’aéroport local subit actuellement une mise à jour qui sera transmise aux personnes concernées une fois le processus complété. Depuis l’abolition du service de sauvetage et d’incendies de l’aéroport, au moins deux autres incidents, liés au train d’atterrissage d’avions qui ne voulait pas se déployer, auraient pu avoir des conséquences désastreuses.

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