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Le SARfest et mes racines africaines

Début octobre, la capitale de la province a vibré aux rythmes des musiques africaines durant le festival bilingue St. John’s African Roots Festival, le SARFest (en photos dans notre édition du 18 octobre). Un mois et demi plus tard, Mary Sookooloo, une étudiante francophone originaire de l’île Maurice, revient sur son expérience marquante au SARFest. (CT)
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Quelques semaines avant le festival, ma compatriote et bonne amie, Sarah Loo m’a proposé de faire du bénévolat avec l’équipe du SARFest: «Viens, tu vas rencontrer du monde et tu vas te faire des amis!» Des semaines ont passé depuis le festival, mais les personnes que j’ai rencontrées ces deux jours-là m’ont marquée. Les artistes, les spectateurs, les bénévoles: tous ont eu un impact sur ma vie.

Pour remercier les bénévoles, Navel Sarr, le fondateur et président du SARFest et sa partenaire Geneviève Vallée nous ont invités à partager un dîner chez eux. J’ai été accueillie par des sourires de bienvenue. Geneviève m’a prise dans ses bras: «Bienvenue dans la famille», m’a-t-elle dit joyeusement. Ses mots m’ont donné les larmes aux yeux. Étrangère ici au Canada, cet accueil me touchait.

Les volontaires ont commencé à arriver. Peu à peu, ils se sont présentés à moi, et on s’est mis à discuter. On aurait presque dit des amis de longues dates! La communauté africaine, les Québécois, les Terre-Neuviens, le couple accueillait tout le monde. «On parle anglais pour que tous nos amis comprennent!», précise le couple.

Le SARFest, c’est un festival bilingue, mais, en fonction des racines africaines de chacun, certains parlent anglais ou français, mais pas forcément les deux langues. La diversité linguistique et culturelle des personnes aux origines africaines ne cesse, encore aujourd’hui, de m’impressionner.

«Si on ne s’entraide pas, qui va le faire?»

J’ai commencé ma série d’entretiens avec Manon Laverrière, coordinatrice à l’ACFSJ et bénévole durant le SARFest. Québécoise, elle réside à St. John’s depuis les années 90. Active dans la communauté francophone depuis plus de 15 ans, elle explique son engagement volontaire: «Je fais du bénévolat à plusieurs endroits, mais ceci [le SARFest] me tient, disons, un peu plus à cœur. C’est multiculturel et il y a la communauté francophone. Si on ne s’entraide pas, qui va nous aider?»

«Les gens ici sont sympas», m’avoue Yudish Juwaheer, étudiant en informatique à l’Université Memorial. J’ai rencontré cet Indo-Mauricien (et compatriote) à l’entrée du Holy Heart Theatre, bâtiment dans lequel a eu lieu le SARFest. «Les trois dernières années, je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer beaucoup de monde.

Et avec la pandémie, c’était encore pire», me confie-t-il. Quelques jours avant le festival, il est tombé sur la page Facebook du SARFest. « Pas le choix, il fallait que je vienne. Et je ne le regrette pas!»

Rendre la diversité culturelle africaine plus visible

La raison pour laquelle Navel Sarr a décidé de créer le festival est noble. «Les Africains et les Afro-descendants ne sont pas toujours représentés. Les élèves internationaux, pour la plupart, quittent Terre-Neuve pour chercher cette représentation ailleurs: à Montréal ou à Toronto.»

Andrea Diamond, responsable des bénévoles au festival, confirme: «J’ai quitté Terre-Neuve à 17 ans et je suis partie à l’université en Nouvelle-Écosse. J’ai travaillé pendant 20 ans à travers le Canada et les États-Unis. Ce n’est que là que j’ai été exposée aux différentes cultures, qui ne sont pas forcément très représentées à Terre-Neuve.» Grâce à ses voyages, elle a rencontré son mari, qui vient de la Côte d’Ivoire, et avec qui elle a maintenant deux beaux enfants.

Alors pourquoi ne pas rendre visible cette diversité culturelle à St. John’s? C’est l’idée derrière la fondation du SARFest. Le Mauritanien voulait créer quelque chose pour représenter les cultures africaines. Il voulait montrer la richesse de l’Afrique, la richesse des pays ayant des racines africaines, des pays comme la Libye, les Bahamas ou la Jamaïque. Les gens de là-bas ne se considèrent pas nécessairement Africains, mais ils ont des racines africaines.

Atmosphère de tonnerre

Pendant ce dîner de remerciement, les bénévoles et les organisateurs se sont rassemblés pour parler du déroulement du festival. Les débats ont commencé. Comment faire pour que le SARFest soit encore un plus grand succès l’année prochaine?

Les idées jaillissaient dans tous les sens: «Nous pourrions essayer de faire plus de publicité!», «Faisons venir plus d’artistes avec des racines africaines!»

Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai réalisé quelque chose. Que mes racines sont africaines. Mauricienne, mon île fait partie du continent africain. Indo-mauricienne, je ne me suis jamais sentie asiatique. Notre culture à nous, elle est unique, comme celles présentes sur le continent africain. Mon Séga, ma musique culturelle, provient de l’Afrique, tout comme tant d’autres musiques du monde.

Le SARFest! Il a su nous émerveiller avec ces nombreux talents qui nous ont fait faire le tour du monde – des Bahamas, au Sénégal, en passant par le Ghana et la Jamaïque. Enfants, ados, retraités: tous les âges étaient au rendez-vous pour ce festival haut en couleur et en musique. L’organisateur, Navel Sarr et ses volontaires ont travaillé d’arrache-pied pour que l’événement soit un succès. Et sans aucun doute, le SARFest, c’est LE festival à ne pas rater chaque automne!

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