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Apprendre l’histoire de la colonisation canadienne avec des couvertures

Dans le cadre de l’édition du Festival du Vent 2021, l’Association communautaire francophone de Saint-Jean (ACFSJ) et Franco-Jeunes de Terre-Neuve et du Labrador ont organisé une matinée autour de «l’exercice des couvertures» le 23 octobre au Centre des Grands-Vents. Entrevue avec Julie Vachon, l’animatrice de cet atelier développé par l’organisme religieux œcuménique KAIROS.
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Propos recueillis par Rose Avoine-Dalton

Rose Avoine-Dalton: Pouvez-vous m’en dire un peu plus à propos de vous?

Julie Vachon: Je m’identifie comme un être humain avec beaucoup de lignes ancestrales. Je reconnais et je respecte tous mes ancêtres, les Wendat-Hurons, les peuples Algonquin, Nipissing, Mi’kmaq, ainsi que mes racines françaises Malheureusement, dans ma famille on a perdu […] le savoir qu’on avait des racines ancestrales des peuples autochtones. […] Donc le début de mon travail, c’était d’essayer d’en apprendre le plus possible [sur ma culture].

RAD: Comment avez-vous découvert l’exercice des couvertures?

JV: Pendant quelques années, j’ai travaillé avec beaucoup de personnes âgées […]. J’ai aussi présenté beaucoup d’ateliers de créativité pour aider avec la guérison, à Ottawa, où je demeure. Beaucoup de cercles de parole pour les femmes, des cérémonies, des cercles de tambours […]. Maintenant je suis responsable du sweat lodge [cérémonie de hutte à sudation] .

C’est à travers ce travail que j’ai aussi eu l’occasion de rencontrer une jeune qui travaillait pour KAIROS, puis j’ai été pour la première fois à une session d’information au sujet de l’organisme. J’étais très intéressée par l’exercice des couvertures et j’ai eu l’occasion d’y participer une fois. […] Ça m’a tellement touché de vivre l’activité. […] Je suis devenue vraiment passionnée à l’idée de faire partie d’une équipe qui pouvait conscientiser les gens, alors j’ai eu l’occasion de voyager, de faire une formation pour devenir animatrice. […]

RAD: Pourquoi croyez-vous que c’est important que les gens assistent à cette activité?

JV: C’est important de savoir des choses qui se sont passées sur les terres où tu es. […] Si on ne connaît pas l’histoire, c’est difficile de développer de la compassion, c’est difficile de former des liens si on n’a aucune idée de ce qui s’est passé. Ça me touche toujours quand les gens viennent, j’aimerais beaucoup que les gens puissent véritablement ressentir à quel point la réconciliation, c’est urgent. 

Explorer les relations entre Autochtones et non-Autochtones

Photo prise dans un auditorium, des gens sont assis sur des chaises en cercle. Aux milieux sont des couvertures de plusieurs couleurs sur le plancher.
Lors de l’atelier du 23 octobre, chaque couverture utilisée dans l’activité représentait une terre autochtone du Canada, dont la taille est réduite au fur et à mesure que l’histoire de la colonisation est racontée par Julie Vachon. Photo: Rose Avoine-Dalton

L’activité des couvertures a été créée en 1997 par l’organisme KAIROS comme un outil pour enseigner l’histoire de la colonisation du Canada et ses conséquences ressenties par les peuples autochtones. L’exercice est ouvert à tous: écoles, départements gouvernementaux, ou encore associations communautaires. 

Le 23 octobre dernier, Julie Vachon a commencé l’exercice avec une cérémonie de purification et un chant traditionnel pour inviter les esprits à être présents. La première partie de l’activité est celle qui utilise les couvertures. Elles sont placées sur le sol pour représenter les territoires des peuples autochtones du Canada avant la colonisation. Les neuf participants présents ont alors été invités à se tenir debout sur les couvertures pour représenter différents peuples autochtones. L’animatrice prend ensuite le rôle du narrateur, et raconte la colonisation du Canada. 

Avec l’introduction de différents événements historiques, tels que des traités ou des batailles, une personne désignée comme «L’Européen» traverse les couvertures et réduit la taille des «territoires» des participants en repliant leurs couvertures au fur et à mesure de l’histoire. Choisis par hasard, on demande à certains participants de se retirer des couvertures, représentant ainsi les personnes autochtones mortes suite aux différentes conséquences liées à la colonisation. Vers la fin de cette partie de l’activité, la majorité des participants sont hors des couvertures, et «l’Européen» a réduit considérablement les territoires autochtones. L’effet visuel en est marquant.

La deuxième partie de l’activité consiste en un cercle de parole, où tous les participants s’assoient ensemble pour partager leurs pensées et émotions en lien avec l’activité qu’ils viennent juste de vivre. Un objet en bois est passé de main en main et seule la personne qui le tient a le droit de parole. Les personnes présentes ont donc pu partager leurs sentiments de choc, de réalisation, de tristesse, de reconnaissance au sein du cercle. Julie Vachon a conclu l’activité avec un autre chant, ce deuxième pour la guérison. (RAD)


Pour découvrir l’exercice des couvertures en vidéo, KAIROS en offre une explication détaillée (en anglais) dans une vidéo disponible ici: https://vimeo.com/129161339 

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