Rallye Targa Terre-Neuve : Le Québécois Marc Lachapelle vise la première place
Par Sylvain Luneau | Publié le 6 novembre 2009

La Subaru de Marc Lachapelle et Keith Townsend - Photo à la gracieuseté de Marc Lachapelle
Du 12 au 19 septembre, les routes de Terre-Neuve ont vibré au passage de la soixantaine de concurrents du célèbre Rallye Targa, une course de renommée internationale particulièrement exigeante. Pendant cinq jours, les pilotes du monde entier se sont bagarrés sur les 2 200 kilomètres du parcours, où la moindre erreur peut parfois coûter la victoire.
Marc Lachapelle, originaire de Longueuil au Québec, connaît bien les difficultés de cette course. Ce journaliste professionnel en est à sa troisième édition après avoir hissé la Lexus GS 450h, une voiture hybride, dans les premières places l'an dernier et ainsi cloué le bec aux sceptiques.
À quelques jours de la course, Le Gaboteur a eu la chance de rencontrer cet homme, aussi attachant que passionné. Entretien.
Le Gaboteur : Marc Lachapelle, vous êtes maintenant un habitué du Targa de Terre-Neuve, quelles en sont les spécificités ?
Marc Lachapelle : C'est une course incroyablement riche, à la fois belle et exigeante. Il y a tant de pièges à déjouer, tant de paysages à parcourir, tant de rencontres humaines à vivre. En matière de sport, elle demande beaucoup d'endurance. C'est un marathon plus qu'un sprint. Il faut être à la fois prudent et rapide, il faut de la maturité et de l'expérience pour espérer faire un résultat. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que la plupart des vainqueurs ont une cinquantaine d'années. Du point de vue humain, c'est une course également passionnante. On y fait des rencontres formidables, il y règne une ambiance incomparable où la bonhomie, la générosité et la chaleur des gens font de cet événement une occasion que je ne raterais pour rien au monde.
Le Gab : 18ème en 2007, 6ème en 2008, quels sont vos objectifs pour cette année ?
M.L. : Pour mes deux premières participations au rallye Targa, je pilotais une voiture hybride : la Lexus GS 450h. Je suis très satisfait de mes résultats car peu de monde imaginait possible de hisser une voiture hybride à un tel classement. Cette année, je dois faire encore mieux, puisque je conduis la Subaru Impreza sur laquelle les attentes sont grandes. L'objectif est simple, c'est la première place. On deviendrait alors la première voiture moderne à gagner. Pour cela, je devrai battre le Néo-zélandais Steve Millen et sa Nissan GT-AR de 650 chevaux, surnommée « Godzilla ». C'est donc David contre Godzilla cette année, sans oublier les nombreux autres équipages, tous plus aguerris les uns que les autres.
Le Gab : Comment s'est passé votre familiarisation avec la Subaru ?
M.L. : La voiture, Subaru Imprezza WRX STI de son petit nom, a été construite par Patrick Richard, le champion en titre de rallye au Canada sur terre et graviers. C'est donc une voiture conçue à la base pour être pilotée sur des chemins de terre. Mais on lui a apporté pas mal de modifications, on a fait quelques essais et nous voici fin prêts pour attaquer les routes asphaltées de Terre-Neuve ! Avec 450 chevaux sous le capot, c'est un peu comme un pur-sang. Et comme tout cheval sauvage, il faut la dompter. Il me reste encore à m'y adapter un peu, notamment au niveau du différentiel, mais globalement, tout l'équipage est confiant. En tout cas, on prépare la voiture avec sérieux, rien n'est laissé au hasard. Il ne s'agirait pas de perdre quelques précieuses secondes pour un ennui mécanique ou un problème personnel d'adaptation. On met toutes les chances de notre côté.
Le Gab : Vous parliez de votre équipage, un petit mot sur votre copilote ?
M.L. : Mon copilote, Keith Townsend, est un habitué du sport automobile. Troisième du rallye Targa en 2006, il a hissé la Subaru à son meilleur classement jusqu'à aujourd'hui, en finissant à seulement 12 petites secondes du premier. Je l'ai rencontré l'année dernière, alors qu'il était commissaire en chef du Targa. Je suis vraiment chanceux d'avoir un équipier de cette envergure, il connaît parfaitement le tracé du rallye et je m'entends parfaitement bien avec lui, chose primordiale pour un succès en course.
Le Gab : Vous êtes très attendus cette année. Entre l'impératif de résultat, les sollicitations médiatiques et votre travail de journaliste, comment gérez-vous toute cette pression ?
M. L. : C'est une bonne chose pour moi. C'est une pression positive qui me stimule plutôt qu'elle me bloque. Je suis conscient de ne pas avoir droit à l'erreur, mais je me prépare en conséquence. Toute l'équipe fait un boulot formidable sur la voiture et quant à moi, mon esprit est tourné à 300 % vers la course. Cela fait des mois que j'y pense, que j'y travaille donc je vis plutôt bien la pression. Elle fait partie de la course. Concernant mon travail de journaliste ? Autonet, Le Guide de l'auto, MSN Autos?, il me permet justement de décompresser un peu et de me changer les idées.
Le Gab : Enfin, pour finir, vous semblez très attaché à la région, n'est-ce pas ?
M.L. : Oui, j'aime Saint-Jean. Je me rappelle la première fois que je suis arrivée ici, j'ai encore l'image en tête de cette magnifique journée où le soleil illuminait le port. À chaque fois que je reviens dans le coin, c'est toujours la même magie. Ça me prend aux tripes, quel émerveillement ! Et puis il y a tout ce qui se passe autour de la course. Comme je l'ai dit auparavant, il règne ici une ambiance incomparable, les gens sont d'une incroyable bonté. Ça me fait tellement plaisir de revenir ici. Le Targa de Terre-Neuve, c'est tellement plus que la compétition ...
Saint-Jean