Succession à la FFTNL : M. Gaël Corbineau prend le relais
Par Sylvain Luneau | Publié le 3 septembre 2010

Gaël Corbineau est le nouveau directeur de la FFTNL
M. Gaël Corbineau succède à Cyrilda Poirier à la tête de la Fédération des Francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL). Le Gaboteur est allé à la rencontre de cette nouvelle figure politique de la francophonie provinciale. Entretien.
Le Gaboteur : Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous vous présenter brièvement?
Gaël Corbineau : J’ai 38 ans, je suis marié et je suis l’heureux papa de deux jeunes franco-terre-neuvien-et-labradoriens (4 ans et 4 mois). Je suis arrivé à Terre-Neuve après une carrière de douze ans auprès du gouvernement français en tant qu’informaticien puis d’attaché d’administration.
Le Gab : Vous êtes originaire de France. Qu’est-ce qui vous a amené ici?
G.C. : Mon épouse est Terre-Neuvienne. Nous vivions en France, et venions régulièrement ici en vacances. Je suis tombé amoureux de Terre-Neuve et nous avons décidé de venir nous installer à Saint-Jean. Après être venu m’informer au Centre des Grands-Vents lors d’un congé, à mon retour en France, j’ai postulé auprès de la FFTNL où un poste était vacant. Cyrilda Poirier m’a embauché fin 2007 et je suis arrivé en avril 2008 en tant que chargé de projets à la FFTNL. J’ai donc cotoyé Cyrilda pendant presque trois ans et je ne peux que la féliciter pour tout le travail accompli (à lire en Une). Elle s’est beaucoup investie dans la francophonie provinciale, malgré tous les défis qu’elle présente.
Le Gab : Des défis?
G.C. : Oui, la FFTNL, tout comme l’ensemble de la francophonie provinciale, doit se battre en permanence contre l’assimilation et l’exode des francophones. Il nous est primordial d’arriver à faire prendre conscience à notre jeunesse qu’il est possible de rester vivre et de travailler dans notre province, mais en plus que leur français est même un atout! Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à observer le nombre croissant de familles anglophones qui préfèrent mettre leurs enfants dans les programmes d’immersion française, sachant que cela leur sera profitable professionnellement. Le ministre de l’Éducation précisait le 18 août dernier au Centre des Grands-Vents, que outre les écoles françaises, le programme d’immersion était le seul à voir ses effectifs augmenter! (+400 cette année).
Par ailleurs, la province a longtemps souffert d’un statut de province pauvre au Canada. Maintenant que l’économie va mieux, cela change sans aucun doute la donne, mais il faut du temps pour bousculer les mentalités. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, mais petit à petit l’espoir renaît.
Depuis deux ans, on constate un intérêt exponentiel de la part des francophones de tout horizon pour venir s’installer ici. Via le portail internet, nous recevons de plus en plus de courriels de personnes et familles envisageant de venir s’installer ici et qui se posent toutes sortes de questions (école, garderie, logement, travail, transport, etc).
La FFTNL répond à ces attentes mais un important travail reste néanmoins à faire pour l’accueil et l’intégration de ces familles au sein de nos communautés. Ce travail de terrain est celui de tous, organismes provinciaux, organismes régionaux, écoles, et citoyens francophones.
Le Gab : Vous parlez de direction à prendre dans l’avenir. Justement, en tant que nouveau directeur, quelles seront vos principales actions?
G.C. : Je vais reprendre le travail de Cyrilda et aller dans sa continuité. Il n’est pas question de rupture ou d’un brusque virage dans la politique de la FFTNL. La communauté a fixé des objectifs en 2009 dans le cadre de son Plan de développement global (PDG). Celui-ci court jusqu’en 2014 et il convient de respecter les engagements. En complément du travail déjà en marche, je souhaite développer deux axes prioritaires du PDG : les aînés et l’alphabétisation des adultes.
Comme chacun sait, le nombre d’aînés va aller croissant ces prochaines décennies, et les besoins qui vont avec aussi. Ce sera vrai dans le domaine de la santé, le domaine des loisirs et celui de l’intergénérationnel.
Pour le dossier de l’alphabétisation des adultes, il ne s’agit pas de faire apprendre l’alphabet, mais de veiller à ce que chacun puisse comprendre des textes complexes en français, comme des contrats d’assurance, des textes juridiques ou toute autre démarche administrative. La FFTNL, qui vient juste de prendre le dossier en main à la demande des organismes régionaux qui s’en occupaient jusque-là, souhaite mieux connaitre la situation dans chaque région afin de s’assurer de répondre aux besoins le mieux possible.
Le Gab : Enfin, pour conclure, un petit mot sur ce que vous inspire la francophonie provinciale?
G.C. : Du respect! Je suis profondément admiratif devant la persévérance qu’ont eu depuis des siècles et qu’ont aujourd’hui plus que jamais les francophones de Terre-Neuve-et-Labrador à revendiquer leur langue et leur culture!
Commentaires des internautes :
De Marc Le Pihiff : Et bien bon courage Monsieur Corbineau !