Cyrilda Poirier se retire après 24 années de dévouement à la FFTNL
Par Sylvain Luneau | Publié le 3 septembre 2010

Cyrilda Poirier dans son bureau à la FFTNL
Après quatre années de bons et loyaux services à la direction de la Fédération des Francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL), Mme Cyrilda Poirier quitte son poste. Retour sur un mandat riche en réalisations.
Il y a 26 ans, une jeune Ontarienne, née à Sudbury de parents Acadiens, débarque dans la brumeuse capitale terre-neuvienne. Elle y rejoint son mari, enseignant depuis un mois à l’Université Memorial. D’emblée, les deux conjoints sentent qu’ils vont se plaire dans leur nouvel environnement: « Ce fut un peu comme un coup de foudre », se rappelle Cyrilda. « Nous ne pouvions nous imaginer vivre dans un autre endroit. C’est ici que nous voulions être, et nulle part ailleurs. »
Quelques temps après, Cyrilda Poirier intègre les rangs de la Fédération des Francophones de Terre-Neuve et du Labrador. Elle y aura gravi tous les échelons, pendant 24 ans d’investissement personnel. « Je fus embauchée en avril 1986 en tant que secrétaire-réceptionniste puis, très peu de temps après, en tant qu’adjointe administrative. En 1989, on a rajouté le dossier culturel à ma tâche et en 1998, je devins directrice générale adjointe. J’ai ensuite assuré l’intérim de la direction entre avril et octobre 2006 avant que le poste ne me soit confié en novembre 2006. »
Les bons coups de la Fédération
La FFTNL en a fait du chemin, depuis sa prise en main par Cyrilda. On peut citer en particulier la création du Réseau culturel, celle du Portail Internet, la nouvelle jeunesse du Réseau santé ou l’indépendance du Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE-TNL).
Aujourd’hui, c’est tout le dossier de l’immigration francophone qui devient la priorité de la FFTNL. Après avoir produit le DVD promotionnel « Osez Terre-Neuve-et-Labrador! », la Fédération travaille en étroite collaboration avec le RDÉE-TNL et le gouvernement provincial pour assurer une indispensable immigration francophone.
« Je suis tellement fière et satisfaite de tout ce qui a été accompli. C’est difficile de mettre en avant l’un ou l’autre projet, mais je ne peux pas passer sous silence l’incroyable travail du Réseau culturel depuis son lancement en 2007. Que ce soit pour assurer une présence francophone digne de ce nom au Festival folklorique de Terre-Neuve-et-Labrador ou pour faciliter la venue de vedettes comme Daniel Lavoie ou Michel Rivard dans nos communautés, le Réseau culturel travaille fort et je lui tire mon chapeau. Je voudrais également souligner l’impact du Portail. Je ne suis pas une adepte des réseaux sociaux sur Internet, mais le Portail nous assure une visibilité et une promotion très convaincantes sur la toile. »
Tout n’était pas rose
Cyrilda aura dû se battre pour parvenir à tous ses objectifs. La faute au manque d’argent principalement, qu’elle condamne fermement. « Je trouve ça inadmissible que nos bailleurs de fonds attendent de nous qu’on produise les mêmes résultats au même rythme sans majorer l’enveloppe budgétaire en fonction du coût de la vie. On se retrouve avec de plus en plus de dépenses, mais autant d’argent en main. »
L’autre défi, souligne-t-elle, fut celui du recrutement et de la rétention des ressources humaines. Il est parfois difficile pour les organismes de recruter un employé qualifié, que ce soit dans la province comme dans le reste du Canada. L’exode des jeunes, l’isolement et la réputation de la province y sont pour quelque chose mais selon Cyrilda, « ce défi est lié au manque d’argent. Inutile de préciser que nos organismes sont incapables de rivaliser avec les salaires du secteur privé ou même du gouvernement. » Nos francophones choisissent les postes où ils sont les mieux payés, et ce sont les organismes qui en pâtissent.
Souvenirs, souvenirs ...
C’est avec une grande fierté, et non sans émotion, que Cyrilda Poirier achève son mandat à la tête de la FFTNL. « J’ai un petit pincement au cœur », avoue-t-elle. « Ce fut une aventure incroyable dont je garderai de très bons souvenirs. Les plus précieux remontent au temps de la collaboration avec Paul Charbonneau ou de ma première rencontre avec le Conseil d’administration. C’était en mai 1986, il y avait autour de la table Robert Cormier, Jean-Guy Dionne, Claude Desrochers, Marie Félix... Je me souviens également des années avec Ali Chaisson, Murielle Guerrette et Christian Courtemanche quand les plaisanteries et les rires faisaient partie de notre quotidien. Enfin, il y a toutes les personnes du réseau associatif pancanadien avec qui j’ai eu la chance et l’honneur de travailler. »
24 ans à la FFTNL, cela laisse des traces. C’est avec émotion que Cyrilda se remémore ses années de dévouement, de combat, de rires et de larmes. Elle en gardera un service impérissable et souhaite rester proche de la communauté francophone terre-neuvienne.
« Lorsqu’on me parle de Terre-Neuve-et-Labrador, j’entends la voix de son peuple, je vois leur courage, leur passion, je pense à l’Histoire, à la mer, au vent... Quand je parle de ma province d’adoption, je m’inspire de toutes ces personnes que j’ai connues et qui ont la passion de la francophonie en eux. Ces gens-là sont un formidable exemple pour nous tous. »
Commentaires des internautes :
De Marc Le Pihiff : BRAVO ! Madame Poirier est de ces personnes animées par le feu sacré, et qui malgré les obstacles n'abandonnent jamais. Elles vont jusqu'au bout de leurs convictions, parce qu'elles savent que leur cause est juste !