Chistian Courtemanche : de la FFTNL au poste d'Aide de camp à la Gouverneure Générale du Canada
Par Sylvain Luneau | Publié le 9 décembre 2009

M. Christian Courtemanche - Photographie à sa gracieuseté
Ce nom vous dit peut-être quelque chose, le visage est parfois familier, et pour cause, Christian Courtemanche est un ancien de la communauté. Ce militaire dans l’âme a travaillé pour le compte de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL) pendant deux ans, d’août 2002 à juin 2004. Aujourd’hui, après des années de bons et loyaux services militaires, ce natif d’Ottawa est devenu Aide de camp de la Gouverneure Générale, son Excellence Mickaëlle Jean. Il revient sur un parcours riche en aventures.
Le Gaboteur : M. Courtemanche, vous qui êtes originaire d’Ottawa, qu’est-ce qui vous a amené à travailler pour la FFTNL ?
Christian Courtemanche : C’est un peu le hasard. J’avais suivi ma compagne qui travaillait pour la GRC et qui avait été mutée dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador (TNL). Sans emploi, je me baladais sur la rue Duckworth quand un drapeau que je ne connaissais pas a retenu mon attention. C’était un drapeau bleu-blanc-rouge, mais rien à voir avec celui de l’Acadie ou celui de la France. Curieux et francophone revendiqué, je suis alors rentré dans l’édifice qui n’était autre que le siège de la FFTNL. J’y ai rencontré des personnes formidables, notamment Mme Cyrilda Poirier, avec qui j’ai discuté et qui m’ont proposé, quelques jours plus tard, de travailler pour eux. J’ai bien sûr accepté cette offre. Quelle joie de pouvoir œuvrer en français à Terre-Neuve ! J’ai alors endossé la casquette de chargé de communication avant de devenir directeur des relations publiques. En parallèle, j’étais aussi responsable du dossier santé. Avec les personnes en place, nous avons construit et mis en place tout un réseau de services de santé en français. Nous sommes partis de rien et le résultat nous a rendu particulièrement fiers. C’est un outil qui susceptible de servir à beaucoup de monde aujourd’hui.
Le Gab. : Toute belle aventure à une fin. Pourquoi avoir quitté la province ?
C.C. : J’ai dû quitter Terre-Neuve pour rester proche de mes enfants, qui était retournés à Ottawa avec mon ex-compagne. Ce n’est pas pour autant que j’ai abandonné la défense de la francophonie. J’ai œuvré dans ce sens en devenant directeur de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) puis en intégrant le réseau des services de santé en français. Même si j’aimais ce que je faisais, une partie de mon esprit était toujours à Terre-Neuve. Quitter la province m’avait brisé le cœur, ce fut un déchirement pour moi. Je m’y étais fait des amis à vie, j’y avais vécu des moments inoubliables. Terre-Neuve gardera toujours une place importante dans mon cœur. C’est même une place où je me suis réinventé, comme lorsque je suis parti aménager des sentiers pédestres aux environs de Cap Saint-Georges avec le 56ème escadron d’ingénieur de combat.
Le Gab. : Vous parlez de l’armée, votre parcours est indissociable d’une carrière militaire, n’est-ce pas ?
C.C. : Oui, j’ai toujours eu une grande passion pour ces métiers. J’y ai beaucoup travaillé, notamment en tant qu’officier des affaires publiques. J’ai été envoyé en mission à travers le monde comme ce fut le cas dès le premier jour de mon intégration à Ottawa. A cette époque, l’ouragan Katrina avait dévasté la Nouvelle-Orléans et on m’a envoyé là-bas pour y apporter mon expertise. Je me suis aussi rendu à Islamabad en 2005, après le terrible tremblement de terre qui avait fait plus de 80 000 morts au Pakistan.
Le Gab. : Et aujourd’hui, vos efforts sont récompensés, vous avez été promu Aide de camp à la Gouverneure Générale …
C.C. : Oui, c’est un peu la cerise sur le gâteau. Cette promotion vient récompenser des années de bons et loyaux services. Pendant tout ce temps dans le militaire, j’ai dû faire mes preuves, démontrer mes aptitudes. Ce fut un long processus de sélection mais finalement, j’ai été sélectionné pour être l’un des bras droit de la Gouverneure Générale, son Excellence Mickaëlle Jean. C’est une chance incroyable pour moi puisque ce métier me permet de réunir mon amour pour les Forces canadiennes, ma passion pour la communication et mon fierté d’être francophone. Nous sommes cinq aides de camp à se relayer auprès de la Gouverneure Générale 24h sur 24. Cela demande énormément de travail mais c’est un tel plaisir de servir cette femme d’exception. Je m’y dévoue corps et âme pour les années à venir, en attendant pourquoi pas une éventuelle mutation à Terre-Neuve …
Commentaires des internautes :
De Gille : très intéressant!