La protestation des communautés innues passe par la chasse
Par Mickaël Bergeron et Karine Gaudreau | Publié le 15 mars 2010

Le territoire innu est au coeur de la controverse - Photo : MUN
Afin de mettre de la pression sur le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, près de 150 chasseurs des cinq communautés de l’Alliance stratégique innue ont été, à la fin février, exercer leurs droits sur le Nitassinan, un territoire ancestral innu s’étendant autant au Québec qu’au Labrador.
« Notre territoire ancestral, qui fait fi de toutes frontières imposées par les gouvernants non-autochtones, est situé en bonne partie au Labrador; nous y avons toujours chassé le caribou et nous continuerons à le faire, malgré les menaces de saisie de la part des autorités de Terre-Neuve-et-Labrador », a réitéré le Chef de la communauté de Matimekush-Lac John, près de Schefferville, Réal McKenzie.
Devant l’inaction du gouvernement fédéral concernant la signature imminente d’un traité éteignant les droits des Innus au Québec sur le territoire ancestral situé au Labrador, les Chefs répliquent avec une chasse communautaire. « Cette activité sera l’occasion de rappeler aux différents gouvernements que la chasse au caribou est partie intégrante de notre culture et que nous comptons défendre nos droits avec fermeté », a déclaré le Chef de la communauté de Uashat mak Mani Utenam, dans la région de Sept-Îles, Georges-Ernest Grégoire.
« Nos chasseurs utilisent encore aujourd’hui les techniques de trappe, de chasse et de cuisine traditionnelles. Cette activité de chasse communautaire permettra de nourrir plusieurs familles pour les prochaines semaines », a précisé le Chef de la communauté d’Unamen Shipu, sur la Basse-Côte-Nord, Georges C.-S. Bacon.
Un traité au Labrador
L’éventualité imminente de la signature d’un traité entre les deux communautés innues situées au Labrador et le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le gouvernement du Canada fait rugir les cinq communautés innues de l’Alliance stratégique situées au Québec. Les Innus du Québec considèrent qu’ils doivent faire partie de ces négociations, puisque leur territoire ancestral dépasse la frontière Québeco-Labradorienne.
Le premier Minitre de Terre-Neuve-et-Labrador réagit
Le Premier Ministre de Terre-Neuve-et-Labrador a pris la parole, le 3 mars dernier, en faisant part de son mécontentement face aux commentaires élaborés par les dirigeants des tribus innues du Québec, entre autres face à l’élocution du Chef de la communauté de Matimekush-Lac John, Réal McKenzie, qui a déclaré plus tôt que « la guerre commençait maintenant ». « Ces mots empreints de violence sont complètement inacceptables pour moi, personnellement, et pour notre gouvernement », a annoncé M. Williams.
Le Premier Ministre a également indiqué que le gouvernement provincial ne tolérerait aucune activités illégales entreprises par ces groupes : « Nous prendrons toutes les mesures légales possibles pour éviter les activités illégales ou violentes et pour s’assurer de la protection des représentants de la loi et du public en général. »