Sylvia Olivier, bénévole dévouée, gagne le prix Roger Champagne
Par Catherine Fenwick | Publié le 7 novembre 2010

Jules Costudio remet le prix Roger Champagne à Sylvia Oliver
Le vendredi 29 octobre 2010, au banquet de la Fédération des Francophones de Terre-Neuve-et-du-Labrador à Stephenville, une femme tranquille et modeste de la Grand’Terre est à sa table, les yeux rivés sur son assiette pendant que le président de la FFTNL annonce la récipiendaire du prix Roger Champagne. Sa fourchette se fige en l’air au moment où elle réalise que c’est bien d’elle dont il parle. À la fois timide et fière, elle monte vers le microphone, dit merci et pose pour une photo avec le président, Jules Custudio.
Le prix Roger-Champagne est remis chaque année à la personnalité francophone ou acadienne s’étant illustrée par son travail dans le développement du fait français à Terre-Neuve-et-Labrador.
Sylvia Oliver était très surprise d’avoir eu cet honneur. « J’étais là quand Robert Cormier a gagné. Je me rappelle d’avoir pensé que ça ne serait jamais moi. Je ne serai jamais assez bonne en français pour ça. Mais des fois, tu peux faire des choses qui sont quasiment impossibles. »
Sylvia Olivier est née à Stephenville sur la côte ouest de Terre-Neuve-et-Labrador. Ses parents francophones, Matthias Gaudon (du Nouveau-Brunswick) et Veronica Alexandre (de Sandy Point) se sont installés à Lourdes quand Sylvia était très jeune. Ils étaient parmi les seules familles francophones de la ville. « Ma mère et mon père ont cessé de parler en français avec nous quand notre famille a déménagé à Lourdes. J’ai trouvé ça vraiment triste parce qu’ils ont perdu quelque chose d’important. Je me suis alors promis de réapprendre un jour la langue maternelle de mes parents. »
L’éducation lui tient à cœur
Sylvia a eu cette opportunité quand elle est allée enseigner l’anglais aux francophones de La Grand’Terre à St Ann’s School pendant dix ans. Elle s’est mariée avec un francophone, Howard Oliver, et elle a fait le choix d’apprendre le français et de s’impliquer dans le mouvement francophone. Cela fait maintenant 12 ans qu’elle est bénévole au Conseil scolaire francophone provincial. C’est une expérience longue, mais enrichissante.
Une famille d’accueil
Sylvia et Howard ont accueilli plus de 100 enfants en difficulté dans leur famille. Ils en ont officiellement adopté quatre. Trois autres ont grandi chez-eux. Howard et Sylvia ont présentement deux petits enfants à la maison.
Religieuse dans l'âme
Sylvia est aussi une femme très spirituelle et elle est impliquée avec la paroisse et l’Église depuis 1972. En 1993, après trois ans de formation à Deer Lake, elle est devenue agente pastorale à La Grand’Terre. Elle offre des cours religieux aux jeunes pour les aider à se préparer pour les sacrements de réconciliation, de première communion et de confirmation. Elle offre également des cours aux nouveaux parents pour les préparer avant le baptême du bébé. En absence du prêtre, c’est Sylvia qui préside à l’Église.
Le mouvement francophone
Sylvia a siégé au conseil d’administration de l’Association régionale de la côte Ouest pendant plusieurs années et elle a travaillé six ans pour l’association francophone locale de La Grand’Terre, l’Héritage de l’Île Rouge.
« Ce prix n’est pas seulement pour moi. Je n’ai pas fait ce travail toute seule. Beaucoup de gens m’ont aidée toutes ces années et je voudrais partager cet honneur avec eux. »
Commentaires des internautes :
De Marc Le Pihiff : Une récompense bien méritée!