Profil : Portrait statistique de la communauté francophone provinciale
Par Sylvain Luneau | Publié le 6 novembre 2009

Llogo FCFA
Le jeudi 10 septembre dernier, la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) a publié l'édition 2009 des Profils communautaires francophones du Canada. Cette étude, qui se décline à la fois sur le plan national et provincial, dresse le portrait de la communauté à Terre-Neuve-et-Labrador (TNL). Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Que faisons-nous dans la province ? La FCFA répond à ces questions, chiffres en main.
Il est à noter que cette étude s'appuie sur les données du recensement fédéral de 2006 et ne comprend donc pas les récentes évolutions de la population. Les chiffres, dévoilés au présent dans le texte suivant, ne prennent pas en compte les tendances observées entre 2006 et 2009. Source : Profil de la communauté francophone - FCFA
En 2006, la communauté francophone de TNL compte 2225 personnes de langue maternelle française. Cela représente un peu moins de 0,5 % de la population totale dans la province. Ces chiffres sont en baisse puisque 2006 marque la plus faible présence francophone dans la province depuis 1951.
Géographie
La meilleure densité revient à la Côte-Ouest (Port-au-Port, Cap Saint-Georges, La Grand'Terre et L'Anse-à-Canards), où les francophones de langue maternelle comptent pour 12% de la population globale. En dehors de la péninsule, on recense des francophones à Stephenville et à Corner Brook.
Dans la péninsule d'Avalon, on dénombre 655 francophones, majoritairement venus d'ailleurs (des provinces atlantiques, du Canada français et de Saint-Pierre-et-Miquelon).
Enfin, la francophonie concerne le Labrador dans les villes minières de Labrador City-Wabush et de la base militaire d'Happy Valley-Goose Bay.
Une population venue d'ailleurs
Deux tiers des francophones présentement installés dans la province sont nés en dehors. La moitié vient du reste du Canada, 12,50 % d'un autre pays (principalement d'Europe) et les immigrants détenant un permis de travail temporaire se partagent les 2% restant.
L'immigration francophone à TNL s'est récemment développée. Elle a quintuplé entre la période 1996-2000 et celle allant de 2001 à 2006.
De plus en plus de francophiles
Jamais la province n'avait eu autant de personnes parlant le français autrement que dans sa langue maternelle. Près de 24 000 personnes sont capables aujourd'hui de s'exprimer en français, soit 4,75% de la population totale.
Les francophones mieux scolarisés
Dans la province de TNL, les francophones tendent à être plus scolarisés que le reste des citoyens. Cette différence est flagrante dans les études universitaires : 21 % des francophones atteignent ce niveau contre seulement 11% pour la population majoritaire. Le taux d'universitaires francophones dépassent d'ailleurs la moyenne nationale qui s'élève à 16%.
Les francophones au travail
Les francophones se retrouvent principalement dans les secteurs d'activité suivants : enseignement (16,8%), administration publique (13,7%), commerce de détail (7,1%) et exploitation minière ou pétrolière (7,1%).
Le revenu moyen des Franco-Terres-Neuviens-et-Labradoriens s'élève à 36 447 $, soit une rémunération supérieure au revenu moyen provincial qui est de 27 636 $. Néanmoins, près de 800 francophones (environ 30 %) gagnent moins de 20 000 $. Cette proportion est compensée par les quelques 300 francophones qui gagnent plus de 60 000 $.
Quel avenir pour la francophonie provinciale ?
À cause de l'exode des jeunes, la population francophone de TNL est vieillissante. Les trois quarts ont plus de 34 ans.
Mais ce qui pénalise le plus la bonne vitalité de la francophonie dans la province, c'est le manque de main-d'œuvre dans les secteurs de l'éducation, de la santé, de l'exploitation minière et pétrolifère et du secteur de la vente et des services.
Saint-Jean