Dans les coulisses - Pour ses 27 ans, le Gaboteur nous dévoile son intimité
Par Olivier Hemard | Publié le 3 octobre 2011

Les portes du Gaboteur s'ouvent pour vous...
Le mercredi 5 octobre, Le Gaboteur fêtera ces 27 années d’existence. D’un quotidien noir et blanc de six pages à un bimensuel couleur de 20 pages, le seul journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador a su évoluer avec son temps et résister – tant bien que mal – aux ouragans qui secouent le secteur de la presse et aux tempêtes de grêle qui agitent le marché de la publicité. Soucieux de mieux vous faire connaître les « entrailles » de sa base d’opérations, la rédaction a décidé de profiter de ce numéro « spécial anniversaire » pour faire une petite entorse à sa politique éditoriale. Nous vous proposons en effet de consacrer le focus de ce numéro, non pas à une actualité communautaire comme vous en avez l’habitude, mais aux coulisses où s’élabore votre bimensuel. Coups de cœur, coups de gueule, stress et soulagement, Le Gaboteur se livre à vous…
De J-15 à J-12 avant parution… Le choix des sujets
Dès que la publication d’un numéro du Gaboteur est bouclée, prête à vous être envoyée, un fulgurant petit frisson parcourt toute la rédaction : c’est le « ouf! » de soulagement… Mais le compte à rebours repart aussitôt : pas le temps de se reposer! Une grande tasse de café fumante entre les mains, les petits soldats de l’équipe sont déjà en train de gamberger : qu’allons-nous proposer dans la prochaine édition? Certes, les sujets ne manquent pas, on pourrait en trouver des centaines, voire des milliers chaque quinzaine. Mais voilà, nous n’avons que 20 pages, il faut donc faire des choix. Les idées fusent. Nous sélectionnons les sujets qui pourront intéresser un maximum de lecteurs et surtout nos fidèles abonnés, en respectant notre ligne éditoriale. Dès lors, c’est parti, tous les moyens sont bons : coups de téléphone, discussions, courriels, internet, entrevues, déplacements, actualité et même signaux de fumée (à l’Indienne). Alors si tout se passe bien, nous pouvons au bout de deux jours valider nos sujets de rédaction, organiser nos entrevues et nos reportages et surtout… reprendre une tasse de café.
De J-12 à J-10 avant parution… Ne pas oublier qui nous sommes et d’où nous venons
Le contenu du Gaboteur représente environ une trentaine d’articles, il nous faut donc bien définir le rôle de chacun afin d’éviter tout retard de traitement. Nous devons aussi prendre en considération que notre équipe rédactionnelle se doit d’écrire des articles de qualité, qui non seulement couvrent les actualités de la communauté francophone de Terre-neuve et Labrador, mais aussi informent plus largement sur des sujets généralistes susceptibles d’intéresser nos lecteurs. Notre philosophie est de développer des contenus adaptés à chacun selon son profil : jeux et articles pédagogiques pour les enfants, textes de lectures simples pour les non-initiés au français et piges d’investigation pour les habitués de la langue française.
Mais ce n’est pas tout! Il ne suffit pas de choisir de bons sujets d’articles, nous devons encore tenir compte d’une contrainte : l’aspect financier. Malgré notre statut de journal associatif, nous nous devons d’essayer (je dis bien « essayer ») de garder une certaine stabilité financière. C’est pour cela que Le Gaboteur imprime chaque quinzaine trois pages de publicité, que notre chargé de production en collaboration avec notre agence de publicité se charge de remplir avec des annonces nationales, provinciales ou même locales. De plus, et afin de promouvoir le journal (et par conséquent les abonnements), nous essayons de développer des partenariats avec des organismes ou d’autres médias. C’est ainsi que nous avons établi une étroite collaboration avec Radio-Canada, avec le bureau des Services en français de Terre-Neuve-et-Labrador, l’université Memorial, le Réseau santé en français, et que nous espérons nous assurer très prochainement le partenariat du quotidien anglophone The Telegram.
De J-10 à J-7 avant parution… Chacun son rôle.
À l’heure actuelle, l’équipe du Gaboteur compte trois salariés fixes, ainsi qu’une pigiste (ou deux selon les besoins). Pour saluer ici leur implication et leur travail dévoué au service du Gaboteur, j’aimerais vous les présenter brièvement.
Taous Fezoui est notre pigiste au Labrador. Jeune étudiante passionnée de littérature, elle est très impliquée dans la communauté francophone de Happy Valley-Goose Bay. Elle nous a d’ores et déjà renouvelé son soutien pour cette année et réalisera encore de nombreux articles qui feront le bonheur des lecteurs du Labrador. Nous allons bientôt lui consacrer un focus (mais, chut… elle ne le sait pas encore).
Catherine Fenwick a pour objectif de nous faire découvrir les activités de la Cote-Ouest. Très impliqués dans la communauté francophone de Cap Saint-Georges et des villes aux alentours, ses textes reflètent très bien le caractère unique des habitants de ce secteur, et nous font découvrir les différentes traditions et coutumes de la plus vieille communauté francophone de la région.
Célia Quadjovie est notre chargée de production. Multi casquettes, elle peut très bien être journaliste, infographiste, commerciale et, plus rarement (dommage pour nous), cuisinière. Française passionnée par Terre-Neuve-et-Labrador, elle témoigne d’une joie de vivre et d’un dynamisme qui se retrouvent le plus souvent dans le choix des photos et des couleurs qui agrémentent les pages illustrées de votre quotidien.
Eh oui, il en reste un, moi, Olivier Hemard, rédacteur en chef, accro au café et journaliste (pour ma part, je couvre le secteur d’Avallon). Mon rôle est d’organiser le journal du point de vue administratif, comptable et rédactionnel. Entouré d’une équipe exclusivement féminine, je pense que certains comprendront ma souffrance : alors, appel à celles et ceux qui voudront bien me communiquer leurs techniques pour se boucher les oreilles…
De J-7 à J-4 avant parution… Relecture et mise en page
Généralement, nous essayons de faire en sorte que tous les contenus de l’édition en préparation (textes, photos et publicités) nous soient parvenus entre quatre à sept jours avant la date de publication. Cette marge de temps est nécessaire pour nous permettre de procéder à l’indispensable relecture des articles, et parfois à une réécriture, mais aussi et surtout pour réaliser notre mise en page avec le plus grand soin. Il nous arrive cependant – et même assez souvent – d’avoir à couvrir des événements qui ont lieu la veille du bouclage. Dans ce cas, notre plus fidèle alliée est la machine à café… encore elle! Car alors, c’est sûr, la soirée sera longue. Ces soirs-là, Le Gaboteur est une vraie ruche qui bourdonne dans tous les sens : coordonner l’écriture, corriger, relire, élaborer la mise en page… Notre bureau est un joyeux bazar, jusqu’à ce qu’enfin sorte le « bon à tirer », ce clone numérique de notre journal prêt à être envoyé, dans les temps, à l’imprimeur. Encore un « ouf! » de soulagement, encore un café!
De J-4 à jour J avant parution… En avant les machines…
Puis nous arrivons à la veille de l’impression en série. L’imprimeur nous soumet une maquette de ce que sera votre journal, tel que nous l’avons écrit et conçu. Nous devons encore tout relire une dernière fois, tout vérifier de A à Z, rectifier les éventuelles erreurs, corriger les « coquilles ». Vient alors le moment fatidique : la signature du « Bon pour accord ». Une fois apposés et contresignés ces trois mots, nous ne pouvons plus rien : le processus d’impression en série s’enclenche et votre journal vous est expédié aussitôt. Un « ouf! » de soulagement, un café pour tout le monde! Pendant quelques jours, la pression retombe un peu. Nous en profitons pour nous occuper des tâches administratives et financières, assez contraignantes et monotones certes, mais indispensables si nous voulons que votre Gaboteur vive et fonctionne à votre entière satisfaction.
Que pourrais-je dire pour conclure? Une chose est sûre : notre pleine implication et notre passion de la culture francophone sont aujourd’hui les maîtres mots de l’équipe éditoriale du Gaboteur. Nous nous sentons un devoir de mémoire vis-à-vis de ceux qui, il y a 27 ans, ont créé ce journal. Et nous avons le devoir d’information auprès de nos lecteurs, à travers des contenus pertinents, diversifiés, et de qualité. Il nous faut donc poursuivre la tâche, jour après jour. Une tâche pas toujours facile, mais que nous voulons assumer en gardant toujours à l’esprit deux préoccupations : faire évoluer le journal avec son temps, socialement et économiquement; et, conformément à la ligne tracée par ceux qui l’ont créé, promouvoir la langue et la culture francophones.
Ce focus sort un peu de l’ordinaire, mais nous espérons vous avoir ainsi permis de découvrir un peu ce qui se passe dans les coulisses d’un journal, de la tempête sous les crânes aux angoisses du bouclage, en passant par… les pauses-café. Maintenant que vous avez visité les entrailles du seul journal francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, peut-être (du moins je l’espère) Le Gaboteur est-il un peu plus « votre » journal.
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