Centre scolaire et communautaire des Grands-Vents - Une rencontre pour parler de l'avenir.
Par Olivier Hemard | Publié le 24 juin 2012

L'aire de jeu, vouée à disparaître pour être remplacée par les unités modulaires qui seront installé
Début juin, Ali Chaisson, président du Conseil scolaire francophone provincial (CSFP), conviait les parents et le personnel de l'École des Grands-Vents ainsi que les partenaires communautaires au théâtre du Centre scolaire et communautaire des Grands-Vents pour une rencontre d'information sur l'agrandissement du Centre francophone. Il s'agissait de faire le point sur l'installation de 3 unités modulaires destinées à pallier l'insuffisance de places pour la rentrée 2012-2013, et de réfléchir à l'avenir du Centre.
Entre septembre 2009 et la prochaine rentrée scolaire, le nombre d'élèves de l'école des Grands-Vents, à Saint-Jean, aura plus que doublé : ils étaient 78 il y a trois ans, ils seront près de 170 au mois de septembre. Et, selon les prévisions du CSFP, ils seront 237 en 2015. Pour répondre aux besoins accrus en matière d'espace, le ministère de l'Éducation a pris la décision de doter l'école francophone de trois nouvelles classes. Celles-ci seront aménagées dans des unités modulaires reliées à l'édifice actuel.
L'école francophone connaît un véritable succès.
En introduction à la réunion de jeudi dernier - qui avait pour objet d'expliquer comment allaient se mettre en place les trois unités modulaires à la rentrée scolaire 2012-2013 et d'évoquer l'avenir du Centre - Ali Chaisson a déclaré : « L'école francophone connaît un véritable succès en termes d'augmentation du nombre d'inscriptions d'élèves. C'est une très bonne chose, car cette évolution est le signe que notre programme scolaire est de qualité. Mais aujourd'hui, cela devient aussi un vrai problème au niveau structurel. Les classes se voient aujourd'hui obligées d'occuper des espaces communautaires, ce qui n'est pas une situation idéale, ni pour les associations communautaires, ni pour l'école. »
En tant que président du Conseil scolaire, je trouve cependant cela insuffisant.
Suite aux différentes demandes du CSFP pour régler ce problème, le ministère de l'Éducation a pris la décision de mettre en place 3 unités modulaires qui seront reliées au bâtiment actuel. Ali Chaisson ne manifeste à cet égard qu'un « plaisir réservé » car selon lui, cette solution n'est valable qu'à court terme : « Ces modules seront certes un espace confortable pour nos étudiants et, rattachés physiquement à l'édifice, ils leur permettront de ne pas avoir à sortir de la structure », convient-il. Mais il ajoute : « En tant que président du Conseil scolaire, je trouve cependant cela insuffisant. Cette solution n'est viable qu'à court terme et va durer jusqu'à ce que de nouveaux besoins en espace apparaissent. Dès que seront installées les unités modulaires, nous allons devoir amorcer une nouvelle phase de pressions pour trouver une nouvelle solution pour les années à venir. »
Avant d'ouvrir le débat et en réponse aux questions des participants, Ali Chaisson précise : « Une grande bataille est devant nous. La conjoncture politique va changer et il ne faut pas oublier qu'il a fallu 12 ans de négociations pour avoir l'école de Saint-Jean. J'espère donc qu'il ne faudra pas encore 12 ans de plus pour obtenir une extension. Le CSFP se doit donc d'avoir votre confiance et votre soutien en tant que parents des élèves qui fréquentent notre école. Et si nous avons initié une réunion comme celle-ci, c'est pour vous informer, ouvrir le débat et avoir une discussion constructive avec vous. »
Une question de priorité budgétaire
Le premier point soulevé par les parents concerne l'aire de jeu, vouée à disparaître totalement pour être remplacée par les unités modulaires qui seront installées sur son emplacement. « Il n'est bien sûr pas acceptable de ne pas avoir d'aire de jeu », répond Ali Chaisson. « Nous allons devoir en aménager une nouvelle, et cela pose une question de priorité budgétaire. Mais je m'engage personnellement à chercher des solutions, notamment financières, à ce problème ; mais il faut bien avoir en tête que nous sommes un petit conseil scolaire, aux prises avec des défis de tous les côtés. Il faut faire des choix difficiles. Il faut opter pour la meilleure solution pour l'ensemble des 5 écoles ».
Le deuxième point mis en discussion concerne la nouvelle organisation que va supposer la mise en place de ces éléments modulaire. À ce sujet, la directrice de l'école, Dominique Larocque-Martin, affirme que cet espace supplémentaire allait apporter plusieurs éléments positifs : « Nous aurons des classes moins chargées et par conséquent plus sécurisées, ce sera déjà bien. [Par ailleurs concernant l'aspect éducatif] si les enseignants ne sont pas à l'aise pour travailler dans nos locaux ils ne voudront pas rester ; en fournissant de la place, nous améliorons leurs conditions de travail, et par conséquent l'éducation de nos enfants. » À quoi l'un des parents présents répond : « Je me moque des unités modulaires, la priorité de l'école doit être de fournir une bonne éducation, c'est ça l'important. Ce n'est pas parce que nous sommes petits que nous devons lâcher des choses. » Concluant sur ce point, le président du CSFP souligne alors l'importance d'avoir des locaux qui correspondent à la politique éducative du groupe francophone : « Nous n'avons pas pour vocation de sortir de supers footballeurs ou de grands basketteurs, nous n'avons donc pas forcément besoin d'équipements extérieurs de grande ampleur. Par contre, notre programmation forme de très bons communicants et les résultats en art oratoire, en théâtre ou sur les diverses prestations orales sont excellents. Il faut que le Conseil scolaire se dote d'une ligne de conduite. Nous allons entreprendre des choses spécifiques mais nous allons les faire bien, et nos élèves ressortiront de l'école avec de vrais talents et de vrais bagages. »
Nous devons travailler intelligemment et de la bonne manière
La discussion a enfin porté sur les perspectives d'avenir de l'établissement francophone. Comme l'affirme l'un des parents, la mise en place de structures modulaires constitue une solution « d'appoint », mais le problème va se répéter au fil des ans. « Nous devons travailler intelligemment et de la bonne manière », explique alors le président du CSFP. « Il faut bien comprendre que nous sommes une communauté minoritaire, mais vis-à-vis des ministères nous sommes avant tout un conseil scolaire comme les autres, avec les mêmes demandes et les mêmes problèmes. La seule différence c'est que nous parlons français. » Puis, tout en déplorant l'inévitable inertie dont souffrent les délais de concrétisation des solutions attendues, Ali Chaisson conclut avec optimisme sur l'utilité de renouveler les occasions d'en débattre : « Il y a plusieurs pistes à explorer, mais les choses ne vont pas se faire du jour au lendemain. C'est pour cette raison que je pense que vous devez laisser au conseil scolaire le temps de trouver une solution. Je sais que ce n'est pas les réponses que vous souhaitez, mais nous ne pouvons pas faire autrement. Les choses ne changeront pas avant au moins 2,3 voire 4 ans. Cependant, je souhaite garder ouvert le débat avec vous et j'aimerais renouveler le plus souvent possible l'expérience de ces discussions pour que nous puissions faire avancer le dossier ensemble ».
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