« Frolic ? Un documentaire francophone et même un peu plus. »
Par Olivier Hemard | Publié le 6 avril 2012

Xavier Gorges et Rob Monette pendant le tournage du DVD « Frolic : Une ballade de ports en ports »
Le 20 mars dernier au Arts and Culture Centre de Saint-Jean, le Réseau culturel francophone de Terre-Neuve procédait au lancement officiel du DVD « Frolic : Une ballade de ports en ports ». C'est dans une ambiance « chaleureuse et conviviale, tout à fait dans l'esprit du film » selon son réalisateur Xavier-Georges, coordonnateur du Réseau culturel francophone de Terre-Neuve, que se sont retrouvés à cette occasion autour d'un spectacle multimédia acteurs, techniciens ou bailleurs de fonds qui y ont œuvré.
Nous avons rencontré Xavier-Georges pour parler du DVD « Frolic : Une ballade de ports en ports », non pas à propos du film lui-même, mais sous l'angle des coulisses de sa réalisation. Car si le film raconte le parcours de 25 artistes francophones de Terre-Neuve-et-Labrador et leur amour de la culture et de la langue française, il est intéressant de savoir que sa réalisation elle-même constitue une « histoire dans l'histoire » : conçu de façon professionnel, il a été en effet entièrement mis en œuvre par des non-professionnels de l'audiovisuel. Cette particularité lui confère, selon Xavier-Georges, « une identité propre, qui ressemble à la communauté francophone de TNL ».Toute l'équipe de tournage - du cadreur au preneur de son en passant par le perchiste - a ainsi pu découvrir, guidée par le réalisateur, comment se construit un film.
- « Ce fut vraiment une chance de faire partie de ce projet incroyable !» Rob Monette -
Cette première expérience a notamment profité à Rob Monette, membre du réseau cultuel francophone qui, en décembre 2010, a eu l'opportunité de partir en voyage à travers la province pour travailler en tant que coordinateur et preneur de son sur ce qui allait devenir Frolic. « Nous avons pris la route dans le but premier de filmer des entrevues avec des artistes francophones et francophiles qui vivent hors de la région de Saint-Jean, mais aussi dans l'intention de filmer des paysages intéressants à intégrer au film pour lui donner plus de couleur. Pour moi, ce fut vraiment une chance de faire partie de ce projet incroyable ! » nous dit Rob Monette, qui explique : « J'ai vraiment apprécié la chance de voyager dans des régions peu visitées de Terre-Neuve et de découvrir de nouveaux endroits de l'île, que je n'avais jamais vus auparavant. Pouvoir enregistrer des images et des sons de paysages époustouflants fut un réel plaisir. Cette province a tant de beautés naturelles à offrir que l'opportunité de faire un voyage spécialement pour les documentariser a représenté une expérience vraiment privilégiée. De plus, les rencontres avec les artistes ont été pour moi très enrichissantes. C'était passionnant de pouvoir s'asseoir avec eux et de les entendre raconter leurs histoires, leurs cheminements artistiques et personnels. Avoir ce petit coup d'œil sur les vies de ces gens fut pour moi un vrai privilège, et j'espère qu'il en sera ainsi pour tous ceux qui verront le documentaire. »
- L'artiste peut communiquer directement avec le spectateur -
Xavier-George, quant à lui, renchérit ces propos en nous expliquant les conditions dans lesquelles le DVD a vu le jour : « Après avoir établi pour notre site Internet le répertoire des artistes francophones, nous avons envisagé de créer une exposition itinérante mélangeant toutes sortes de supports, humains et multimédia, pour faire leur promotion. Malheureusement, le coût d'une telle opération étant trop élevé, nous avons dû faire un choix et décider quel média serait le plus efficace pour promouvoir nos artistes. Nous avons finalement opté pour la vidéo, et après avoir obtenu l'acceptation de Patrimoine Canada pour ce qui concerne le financement, nous nous sommes mis au travail sur le projet. » Puis, rentrant un peu plus dans les détails, il nous précise les fondements de cette réalisation : « Frolic se devait d'être une expérience tant pour le spectateur que pour les artistes mis en scène ; c'est pourquoi, nous avons demandé à chacun d'entre eux de s'exprimer sur quatre questions : ″Qui êtes-vous? Pourquoi pratiquez-vous votre art, et pourquoi dans la province de TNL ? Avez-vous un message à faire passer ? ″ Nous leur demandions aussi de raconter une histoire personnelle. Grâce à cette façon de procéder il n'y avait pas d'intervieweur, et l'artiste a pu communiquer directement avec le spectateur par l'intermédiaire de la caméra. »
- Le Réseau culturel francophone a pour finalité de former ses membres -
Notre interlocuteur, souhaitant nous faire découvrir la philosophie du réseau culturel francophone, met alors l'accent sur la vocation de professionnalisation de l'organisme dont il est le coordonnateur : « Le Réseau culturel francophone a vraiment pour finalité de former ses membres afin de les rendre le plus professionnels possible. Le film Frolic rentre entièrement dans ce concept. En effet, malgré un équipement limité et des conditions de tournage difficiles (4600 km parcourus en plus de trois semaines) nous nous sommes permis de tourner plusieurs fois certaines scènes afin d'être sûrs que le résultat soit concluant. Avec le temps, nous tournions de plus en plus vite, et au final l'équipe n'avait même plus besoin de mes conseils ! » nous dit-il dans un sourire. Puis il aborde la question de la post production : « Nous avons collecté plus de 22 heures d'images et de son ; et il faut savoir que Mathieu Thériault, qui est monteur professionnel pour Radio-Canada, n'avait jamais de sa vie travaillé sur un documentaire. Pour lui aussi, le film fut un apprentissage car il a dû condenser - de concert avec le réalisateur - des entrevues de plus de 45 minutes en « poèmes visuels » d'environ deux minutes chacun, soit un par artiste. Lui aussi a dû se former, et je suis totalement convaincu que même un professionnel comme lui a beaucoup appris de cette expérience. »
- « Réaliser une telle œuvre a impliqué de ma part beaucoup d'énergie ! » - Xavier Georges -
Pour finir, Xavier Georges nous confie avoir été énormément sous pression pour ce film : « Vous me croirez si vous voulez, mais malgré mes 20 ans d'expérience dans le milieu cinématographique, réaliser une telle œuvre a impliqué de ma part beaucoup d'investissement et d'énergie ! Mais au final, je suis vraiment très satisfait du travail accompli. Et, chose étrange : pour promouvoir le DVD, figurez-vous que nous allons effectuer une tournée de promotion avec les artistes ! Moi qui au départ voulais organiser une exposition itinérante multidisciplinaire, me voilà comblé : la boucle est bouclée...» conclut-il, manifestement satisfait.
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Xavier Gorges et Rob ...
L'affiche promotionnelle ...