Le Nickel Film Festival fête son 10ème anniversaire
Par Joëlle Perron-Oddo | Publié le 8 juillet 2010

Le Nickel Film Festival fête son 10ème anniversaire
« Bienvenue à la 10ème édition du Nickel Film Festival. » Les paroles de Baptiste Neis, présidente du festival, sont accueillies par une vague d’applaudissements énergiques, emplissant la salle obscure du LSPU Hall d’une ambiance festive. Cette courte allocution prononcée devant une foule fébrile et éclectique marque officiellement le début des célébrations du cinéma indépendant à Saint-Jean.
Le ministre provincial du tourisme, de la culture et des loisirs, Terry French, était présent lors de la soirée inaugurale. Il tenait à souligner l’apport du festival à la communauté depuis une décennie. « Le Nickel Independent Film Festival offre la chance aux cinéastes locaux de montrer leur travail à un public varié. » Le gouvernement provincial a investi 14 000 $ dans le cadre du Programme de développement culturel et économique (CEDP) afin de supporter l’organisation du festival, ce qui constitue une augmentation de 4 000 $ par rapport à l’an dernier.
Un festival à l’avant-garde
Le Nickel Film Festival se targue d’être à l’avant-garde des tendances cinématographiques et de présenter des œuvres expérimentales. « Le festival de Sundance (États-Unis) présente beaucoup de films indépendants, mais il y a déjà plusieurs opportunités pour ces films d’être vus ailleurs. Nous, on s’intéresse à ce qui arrive avant Sundance », affirme Baptiste Neis en rappelant que le festival a vu naître de nombreuses carrières de cinéastes terre-neuviens.
Créé en 2001 par Roger Maunder pour combler un besoin de diffuser des films indépendants dans la province, le Nickel Film Festival ne vise pas à attirer les distributeurs et les grands noms de l’industrie du cinéma, mais constitue plutôt un rendez-vous convivial célébrant le septième art et un lieu de rencontre entre les artisans et le public. « Le festival existe pour rencontrer des gens, pas pour vendre des films. Il y a Toronto et le festival Atlantic (Halifax) pour ça », rapelle Baptise Neis.
Loin des paillettes, proche des artisans et du public
Le Nickel Film Festival, dont le nom est un hommage au tout premier cinéma de Terre-Neuve, souhaite aussi démocratiser l’accès à la culture émergente. « On veut donner l’opportunité au public de voir ce qui se fait ici », explique sa présidente. « Tout le monde est invité aux soirées et le public peut discuter avec les cinéastes. » Le festival soutient également les cinéastes financièrement en payant pour chaque représentation de leurs films.
Les films présentés lors de la première projection du festival
Le Nickel Film Festival n’exclut pas la présentation de long-métrages, mais la majorité des œuvres dans la programmation ne durent qu’une dizaine de minutes. « On n’a pas beaucoup de temps durant le festival, ça permet de voir plusieurs films », précise Baptiste Neis. Ainsi, une constellation d’œuvres furent présentées lors de la soirée inaugurale du festival.
Nan vs Nature, un court-métrage d’animation sympathique réalisé par James Grace et David Gale, met en évidence l’omniprésence du brouillard et de la pluie dans la vie des Terre-Neuviens. « Ce ne fut pas un succès dans l’Ouest du pays. Ce doit être à cause du climat », raconte avec ironie David Gale.
Down to the Wood fut tourné en un seul jour sous la direction de Kelly Davis, une cinéaste de Saint-Jean. Le style des images est remarquable. Le barbier devient le complice d’un enfant malade. Tout en subtilité, l’œuvre évoque la maladie, sans jamais la présenter de front.
Pawnshop a été réalisé par Andrew Bush, qui fait partie du groupe Picnicface, originaire d’Halifax dont les sketchs humoristiques connaissent un vif succès sur Internet.
Father and Sister est un court-métrage d’animation réalisé par l’américaine Soyeon Kim à l’allure graphique simplissime. Il rappelle l’esthétisme expressionniste des dessins de Tim Burton.
The miracle est une œuvre un peu plus longue que le reste des films présentés. Réalisé par Jeffrey Jon Smith, le film met en scène une naine qui se remémore certains moments de sa vie avec fantaisie. Étrange croisement entre une telenovela latino-américaine et la comédie musicale An American in Paris, le film a le mérite d’être original et de présenter un personnage principal hors du commun.
Loop Loop est une œuvre à part. Réalisé par le québécois Patrick Bergeron, le film résulte d’un assemblage de divers moments d’un plan séquence tourné dans un train en direction de Hanoï au Viêtnam. C’est une œuvre d’art panoramique qui transporte le spectateur dans une autre dimension.
Trolls, réalisé par Brianne Lord-Stewart, présente des enfants qui tentent de comprendre les relations hommes-femmes. Le film offre de délicieux moments d’humour et rend avec justesse la naïveté de l’enfance.
Quiet at dawn a clos la projection. Le film de Rob Blackie se déroule durant la Première Guerre mondiale et présente un huit clos de soldats faisant face aux affres de la guerre, aux blessures et à l’exécution des déserteurs.
-
Le Nickel Film Festival ...
La soirée inaugurale ...