Renaître après un cancer du sein
Par Sylvain Luneau | Publié le 15 octobre 2010

Maureen Anonsen conseille à toutes les femmes de pratiquer une mammographie
Maureen Anonsen, comme 11% des femmes canadiennes, fut atteinte du cancer du sein au cours de sa vie. Elle sort tout juste de la maladie et c’est avec beaucoup de recul et de sagesse qu’elle témoigne.
Du haut de ses 58 ans, Maureen Anonsen a toutes les cartes en main pour parler de la maladie: le regard aiguisé de sa carrière de journaliste et de son âme d’artiste, l’ouverture d’esprit que lui ont apporté ses origines américano-terre-neuviennes et son amour pour l’Europe, la sensibilité, la spiritualité et la culture… Bref, tout ce qu’il faut pour parler avec pertinence d’un sujet qui tue 5 300 Canadiennes par an : le cancer du sein.
« Quand on vous annonce pour la première fois : « Vous avez le cancer », le monde s’arrête de tourner. C’est un coup de poignard dans le cœur. La scène devient surréaliste. Vous pensez que les médecins ont fait une erreur, vous vérifiez le nom sur les papiers médicaux. Ils vous parlent mais vous ne les écoutez pas. Votre tête est ailleurs. C’est très difficile d’accepter la vérité. Dans les premiers instants, votre cerveau la nie. Il rejette l’idée, ce n’est pas possible que vous ayez le cancer. Pas vous.
Ce n’est qu’après quelques jours et beaucoup de larmes que vous intégrez la nouvelle. « Mon Dieu, j’ai le cancer… » Votre monde ne sera plus jamais le même. Et ce, jusqu’au restant de vos jours. »
La marginalisation
« Après le choc de la révélation, il y a une période de transition. Vous ne voyez plus le monde de la même manière et ce regard ne vous quittera jamais plus. Maintenant, vous êtes une personne atteinte du cancer. Votre quotidien change, les perceptions changent. Rien ne sera plus comme avant. Vous êtes alors très vulnérable et vous vous sentez en marge de la société. La perspective de la mort ne vous quitte plus et c’est très dur de vivre avec. Vous êtes sans arrêt en train de pleurer à l’idée que vous allez quitter vos proches, que vous allez mettre un terme à tous les plaisirs, toutes les joies que peuvent vous apporter la vie. »
La renaissance
« Puis, un jour, vous acceptez la situation. « Ok, j’ai un cancer, mais cela ne doit pas pour autant m’empêcher de vivre pleinement. » Vous vous prenez en main et vous décidez de tourner cette situation en quelque chose de positif. Vous prenez la décision d’être heureux et de tirer profit de la vie au maximum.
On pourrait croire que les gens qui apprennent être touchés par le cancer tombent dans une dépression totale mais cette idée est fausse. Avec la maladie vient une sorte d’état de grâce. Regardez autour de vous, les personnes atteintes d’une terrible maladie sont fortes, elles surprennent leur entourage par leur force mentale, leur positivisme, etc.
Faire face à la mort, appréhender son propre décès et l’accepter change radicalement votre manière de vivre. Goûter une pomme n’avait jamais été aussi délicieux. Vous redécouvrez les plaisirs de la vie, vous en profitez plus qu’avant. Seul l’essentiel compte désormais à vos yeux et vous vous débarrassez des futilités. L’amour, le plaisir, la famille, les amis, c’est tout ce qui compte. »