Fête du Canada 2012 - Commémorer la fête nationale en tant que Canadien et en tant que francophone.
Par Olivier Hemard | Publié le 30 juin 2012

Cette année, comme tous les ans, la communauté francophone de l'Anse-à-Canards va célébrer de belle
Un peu partout dans le pays, le 1er juillet marquera la traditionnelle Fête du Canada. Les célébrations prévues ce jour-là commémoreront le jour anniversaire de la création de la Confédération canadienne. Trois Canadiens francophones de la province de Terre-Neuve-et-Labrador nous confient ici, en tant que citoyens du pays à la feuille d'érable mais aussi en tant que francophones, leur point de vue sur cet évènement majeur de la nation aux deux langues officielles.
Pour rappel, c'est le 20 juin 1868 qu'une proclamation signée par le gouverneur général, lord Monck, enjoignait à tous les sujets de Sa Majesté, partout au Canada, de célébrer ensemble le jour anniversaire de l'union des provinces en une fédération appelée Canada, instaurée le 1er juillet 1867 en vertu de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Par la suite, une loi fédérale de 1879 fit du 1er juillet un jour férié nommé « Jour anniversaire de la Confédération », qui devint plus tard « Fête du Canada ».
Le 1er juillet marque avant tout l'anniversaire de la bataille de Beaumont Hamel en 1916.
Claire Wilkshire, chef de chœur de la chorale francophone « la Rose des Vents » et habitante de la ville de Saint-Jean, tient tout d'abord à rappeler que l'histoire de TNL rend les commémorations du 1er juillet atypiques par rapport à ce qu'elles signifient dans les autres provinces. Elle raconte, émue : « Pour ceux qui habitent Terre-Neuve, le 1er juillet est avant tout l'anniversaire de la bataille de Beaumont Hamel en 1916. La province étant à l'époque un état autonome de l'Empire britannique, elle a envoyé en Europe son 1st Newfoundland Regiment. Sur les 778 soldats qui quittèrent les tranchées à 9 h 15 ce matin-là, 68 seulement répondirent à l'appel du soir. C'est l'histoire des effets sur une province de la destruction d'une génération d'hommes. Donc le 1er juillet, en plus de célébrer le Canada, nous respectons la mémoire de nos soldats tombés au champ d'honneur. » Puis, sur un ton plus enjoué, Claire Wilkshire évoque un souvenir qui, pour elle, représente la Fête du Canada : « Le premier juillet évoque également des souvenirs plus gais. Le matin de la Fête du Canada, nous sommes la première province à voir le jour se lever (ou parfois, dans notre cas, ne pas le voir, à cause du brouillard !) Et il y a une dizaine d'années la chorale de l'Association francophone se produisait régulièrement lors de la cérémonie de l'aube sur Signal Hill. Pour arriver à temps, s'échauffer, et chanter pendant l'arrivée de l'assistance, il nous fallait parfois quitter la maison vers 4 h 15. Parfois, les choristes se voyaient à peine dans le brouillard ; parfois les partitions étaient arrachées de nos mains par le vent. Mais nous étions là tout de même, armés de chants et de sourires, pour accueillir le public qui débarquait des autobus : enfants, parents, grands-parents, tous habillés en rouge et blanc et agitant de petits drapeaux canadiens. » Claire Wilkshire conclut alors sur ce que connote pour elle, ici à Terre-Neuve, la Fête du Canada : « La fête du Canada, c'est le respect dans lequel nous contemplons la mort ainsi que la vie ; c'est se lever dans le noir, chanter dans la brume, rire et manger en communauté ; c'est l'amitié. »
Un acte très symbolique, car il nous rappelle notre vieille tradition culturelle
Le second entretien provient de la Cote-Ouest et est réalisé par Robert Felix, agent culturel pour l'organisme Chez les Français de l'Anse-à-Canards. Pour cet habitant de la péninsule de Port au Port, la Fête du Canada est avant tout un moment de convivialité et d'échange : « Pour moi, la Fête du Canada est avant toute autre chose : c'est la journée où l'on célèbre ensemble le fait d'être Canadien français en plus d'être Canadien. Tous les ans, pour marquer le 1er juillet, notre petite communauté francophone profite de l'occasion pour organiser un événement amical et familial. Nous procédons au traditionnel lever de drapeau canadien, nous chantons Ô Canada en français et en anglais, nous organisons un grand barbecue et nous terminons le repas par le partage d'un gâteau. » Puis soulignant l'attachement des habitants de l'Anse-à-Canards à leurs traditions culturelles, Robert Felix précise : « D'une façon générale, l'après-midi du 1er juillet est consacrée à la réalisation de notre propre pizza cuite au four à pain traditionnel. Cet acte est très symbolique, car il nous rappelle notre vieille tradition culturelle. Cette année - poursuit-il -, si le temps le permet bien sûr, toutes les activités vont se dérouler à l'extérieur du Centre de Chez les Français de l'Anse-à-Canards ; et la journée devrait se terminer autour d'un tournoi de fléchettes. »
Voudrais-je vivre ailleurs ? Absolument pas. Je suis Canadienne et j'en suis très fière.
Le troisième témoignage a été recueilli auprès de Cyrilda Poirier, francophone et qui habite la ville de Saint-Jean depuis 1984. Cyrilda Poirier dit ce que c'est, pour elle, « être Canadien » : « J'ai une réponse déjà toute prête lorsqu'on me demande qui je suis et d'où je viens : je suis Franco-Ontarienne de naissance, Acadienne de cœur et Franco-Terre-Neuvienne-et-Labradorienne d'adoption. Mais je suis plus que ça. Je suis d'abord et avant tout Canadienne et extrêmement fière d'avoir la chance et le privilège de vivre dans ce pays unique et d'avoir l'occasion de pouvoir le dire. » Puis notre interlocutrice précise ce qui, à ses yeux, fait du Canada un pays privilégié en comparaison à d'autres pays : « C'est un privilège de vivre dans un pays où la démocratie est fondamentale et où les droits et libertés de ses citoyens et citoyennes sont un acquis. Nous avons parfois l'impression qu'il fait toujours plus beau ailleurs et que ce serait mieux de vivre autre part. À Paris, j'ai visité le Mémorial des Martyrs de la Déportation, et au Japon le Hiroshima Peace Memorial Park. Quelle chance d'avoir pu naître dans ce pays où, sauf à Grand Pré peut-être, nous n'avons pas eu à bâtir de monument pour commémorer les millions de personnes qui ont été déportées vers des camps de concentration et vouées à une mort certaine, ou encore incinérées à vif dans une déflagration atroce qui a changé le monde à tout jamais. » Cyrilda Poirier poursuit alors avec émotion, en forme d'éloge au Canada : « Oui, c'est une chance et un privilège de vivre dans ce pays immense où j'ai eu la chance de visiter ses dix provinces et un de ses trois territoires. Le Canada est un joyau qui miroite brillamment aux yeux de beaucoup. Voudrais-je vivre ailleurs ? Absolument pas. Je suis Canadienne et j'en suis très fière. » Puis elle conclut avec ferveur : « Bonne Fête du Canada à nous tous ! »
-
Cette année, comme tous ...
Claire Wilkshire, chef ...
Cyrilda Poirier, ...