"Mon fils est en Afghanistan"
Par Sylvain Luneau | Publié le 20 octobre 2010

Marc Cormier sur les lieux de tournage de son dernier reportage - Gracieuseté d'Hermance Paulin
Hermance Paulin fait partie de ces mères de famille canadiennes dont le fils est en mission au Moyen-Orient, en cette période de conflits. Marc Cormier ne s’est pas rendu sur place pour le compte de l’armée. Il travaille pour Radio-Canada, ce qui n’empêche pas sa mère de vivre dans l’angoisse.
« À chaque nouvelles tragiques d’Afghanistan, mon cœur manque de s’arrêter », confie Hermance Paulin, préposée à la comptabilité et au personnel au Conseil scolaire francophone provincial. « Je suis très sensible sur le sujet. »
Cela a le mérite d’être clair. Mais qui pourrait lui en porter rigueur? On ne plaisante pas sur la progéniture d’une mère.
Un homme de défis
Faute de communication possible avec Marc Cormier, c’est bien sa mère qui en parle le mieux: « Marc est caméraman monteur pour Radio-Canada. Il a fait ses premières armes à Terre-Neuve. Il avait le choix entre Toronto et Saint-Jean, mais il a préféré choisir Terre-Neuve pour se forger une expérience. » Il a côtoyé le journaliste Stéfan Thériault pendant 3 ans et demi avant de chercher l’aventure ailleurs. « C’est un gars qui a besoin de bouger. Il lui faut des défis », commente Hermance.
Installation à Toronto, 13 mois à Londres puis retour à Toronto et passage express à Washington, Marc Cormier est un nomade de l’audiovisuel, un passionné à la recherche du challenge qui lui donnera « cette adrénaline qu’il cherche tant. »
À 31 ans, le voici maintenant rendu en Afghanistan où il tourne divers reportages. Le dernier en date a pour sujet des enfants nés et élevés dans les prisons afghanes. « Il assiste à des scènes difficiles et cela change son regard. Il se rend compte de la chance qu’on a de vivre ici au Canada », raconte Hermance.
Une expérience positive donc, mais à quel prix? Les enlèvements, les attentats ne se font pas rares dans la région; Marc Cormier n’en est pas à l’abri. Néanmoins, « il est épaulé par l’armée », se rassure sa mère. « Il me raconte tout le travail effectué par les forces canadiennes, là-bas en Afghanistan. Il est escorté en permanence, il monte à bord de tanks, d’hélicoptères… » Bref, il vit une expérience incroyable, mais une expérience risquée.
Fin octobre, Marc Cormier sera de retour. Sa mère n’en peux plus d’attendre. Elle a hâte que son fils soit à nouveau en sécurité et qu’elle puisse enfin se débarasser de toute cette angoisse.