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SOS - Problème de gardiennage au Centre l'ENVOL

Par Célia Quadjovie | Publié le 30 mai 2011

Une garderie... Voilà ce qui manque au Centre éducatif l'ENVOL
Une garderie... Voilà ce qui manque au Centre éducatif l'ENVOL

Depuis quelques années, la non-existence d’une structure stable de gardiennage pose un sérieux problème au Centre éducatif L’ENVOL, à Labrador City. Depuis le départ de Murielle Malouin, la Fédération des parents francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FPFTNL) rencontre une grande difficulté à recruter un(e) employé(e) pour assurer cette fonction. Pendant quelque temps, des solutions temporaires ont été trouvées, mais ce manque se fait de plus en plus ressentir et une solution doit être trouvée rapidement, car d’autres conséquences en découlent.

Qui est en pâtit?

C’est principalement la petite enfance qui est la plus concernée par ce manque d’accueil. N’étant pas en âge d’être scolarisés, il faut développer une structure d’accueil exclusive pour ces bouts de chou. « Il n’y a pas longtemps, j’ai encore dû refuser à un parent un service de gardiennage francophone fortement désiré pour son petit de quatre ans. Il n’était vraiment pas content », explique avec beaucoup de dépit Nathalie Maupu, directrice de l’Association francophone du Labrador. « C’est triste à dire, mais là-dessus je ne suis vraiment pas la Cour des miracles. »

L’école se termine à 14 h 30 au Centre éducatif l’ENVOL. Les plus jeunes se retrouvent donc sans structure d’accueil pour l’après-école. « L’après-école n’est pas du tout du gardiennage, mais un service pour l’aide au devoir. Il s’agit d’être là pour aider les élèves 2 à 3 heures par jour dans l’après-midi », explique Martine Fillon, directrice générale de la FPFTNL.

Quelles en sont les causes?

D’après mesdames Fillon et Maupu, la principale cause, c’est incontestablement le manque de ressources. « C’est dommage, mais il faut reconnaitre que nous manquons principalement de personnel. Il est difficile de trouver des personnes francophones qualifiées. Il faut reconnaitre qu’en ce qui concerne l’après-école, les horaires sont moins attrayants, mais c’est tellement gratifiant de s’occuper d’enfant! C’est vrai que personne ne semble intéressé par ces emplois. Pourtant ce sont bien des emplois à part entière et pas du bénévolat; la personne en charge serait rémunérée », explique Martine Fillon.

Pour Nathaly Maupu, le manque de personnel s’explique par le fait que la plupart des parents travaillent déjà et ont des enfants qui n’ont pas besoin de ces services, alors, ils ne se sentent pas concernés. « Il y a aussi le fait que pour certaines personnes, compte tenu du salaire attrayant du conjoint, le besoin de travailler n’est pas nécessaire », ajoute-t-elle.

Un autre facteur et non le moindre, c’est que les normes locales requises pour l’ouverture d’une structure sont très strictes, voire décourageantes, tout comme les démarches administratives.

Quelles en sont les conséquences?


« Un service de garderie francophone est fondamental au développement de l’enfant qui vit dans un milieu minoritaire linguistique, car il lui permet de jouer, chanter, parler et avoir une réponse à ses questions, dans sa langue maternelle, durant les années clés de son développement linguistique et culturel », explique Mme Fillion. « Ne pas avoir de garderie pour les plus petits, c’est donc la perte de possibilité, pour l’enfant, d’évoluer dès son plus jeune âge dans un environnement francophone. »

Malheureusement, ce n’est pas la seule conséquence. Compte tenu de la pénurie de service de gardiennage, certains parents se retrouvent contraints de refuser un emploi, parce qu’ils ne sont pas disponibles. « Je comprends le mécontentement des parents, ils veulent travailler. Ce n’est déjà pas évident d’avoir du personnel qualifié dans certains domaines dans une région aussi éloignée, alors si le parent est obligé de rester à la maison alors qu’il est qualifié; c’est du potentiel qui se perd et c’est vraiment dommage », conclut Mme Maupu.

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