Journée de la femme - Portrait de femmes d'exception
Par Zoé Désilets | Publié le 6 avril 2012

Robin Goodfellow-Baikie a découvert la région de North West River il y a 25 ans.
Le 8 mars est une journée bien particulière dans plusieurs pays. C'est effectivement la journée de la femme. Des événements sont organisés un peu partout dans le monde pour souligner l'apport des femmes dans le développement de l'humanité. Nous avons profité de cette occasion pour rencontrer deux femmes extraordinaires qui ont à cœur le développement durable de leur communauté de North West River, Labrador. Un bref aperçu de notre rencontre avec elles.
Robin Goodfellow-Baikie est Québécoise d'origine. Ses parents étaient très impliqués dans les activités à caractère social à Montréal. Elle a gardé ces habitudes, mais elle est plus politisée. Elle a découvert la région de North West River grâce à son mari. Installée au Labrador depuis 25 ans maintenant, elle a été complètement conquise par la diversité des peuples qui y coexistent, par la nature et par la façon dont les habitants harmonisent leur mode de vie avec la nature. Depuis, elle s'implique énormément dans la communauté. Dans le passé, elle avait sa propre entreprise. Après avoir effectué des recherches, elle a créé un produit qu'elle a tenté de commercialiser. Celui-ci consistait à combiner la fourrure du caribou et celle du mouton pour confectionner notamment des mitaines qui, tout en étant très légères, ne perdaient pas la chaleur, même mouillées. Ce fut son premier projet de développement durable.
- L'idée que le projet Muskrat est vert est à son sens complètement absurde -
À présent, elle crée les arrangements floraux pour l'église avec de vraies fleurs, et elle écrit dans le magazine Labrador life. Mais surtout, elle est activiste : elle lutte contre le projet d'aménagement hydroélectrique des chutes Muskrat. Considérant que la terre est belle, elle estime que les grands projets sont dévastateurs pour l'environnement. Selon elle, il y a de meilleurs moyens de maintenir l'économie de la région. De plus, ajoute-t-elle, on ne peut jamais revenir à l'environnement naturel une fois qu'un tel changement majeur est amorcé. Si elle se bat contre ce projet, c'est parce que la grande rivière Churchill a déjà été utilisée pour produire de l'hydroélectricité, et elle ne voudrait pas que la seconde plus grande rivière du centre du Labrador soit également utilisée à ces fins. L'idée que le projet Muskrat est vert est à son sens complètement absurde : à cet égard, Robin Goodfellow-Baikie tient à nous démontrer que ce projet produira énormément de gaz à effet de serre qui risquent de détruire de nombreux habitats.
Régulièrement, son groupe d'activistes se rencontre en harmonie avec la nature, en canot par exemple, pour parler des enjeux politiques et économiques de ce type de projets. Il s'agit d'un groupe qui s'est formé suite aux nouvelles méthodes de négociation, selon lesquelles les gouvernements impliqués dans ces grands projets doivent discuter avec les populations locales avant de prendre des décisions. Certaines personnes avaient des choses à exprimer et ne faisaient pas confiance au gouvernement pour faire valoir leurs points de vue. Elles ont donc créé un groupe d'activistes pour faire entendre leur propre voix. Le groupe se charge maintenant de faire de la recherche, d'organiser des discussions et de donner des présentations sur le sujet.
- Robin Goodfellow-Baikie est la seule femme du conseil d'administration de l'aéroport de Goose Bay -
Robin Goodfellow-Baikie s'intéresse également à la survie des forêts. Elle tente de faire pression sur les gouvernements pour la protection de la forêt et de ses habitants, par exemple en militant pour la protection des petites rivières afin que les arbres puissent revenir naturellement.
Elle est la seule femme du conseil d'administration de l'aéroport de Goose Bay. Et elle s'implique également dans le conseil de ville, estimant très intéressant de participer à la vie citoyenne et convaincue que le conseil de ville est le lieu idéal pour promouvoir des changements.
Elle voudrait que le village soit en santé économiquement mais surtout socialement, sans pour autant perdre son caractère unique et sa beauté. Par ailleurs, Robin Goodfellow-Baikie souhaiterait que le gouvernement finance des recherches pour trouver les meilleurs moyens d'attirer des capitaux dans la région en prenant en compte les besoins et les ressources disponibles. Elle considère qu'il serait plus sage de ne pas baser toute l'économie sur l'industrie forestière.
Wendy Hillier est, quant à elle, originaire de Green Harbour à Terre-Neuve. Après dix années de carrière dans les forces armées canadiennes - durant lesquelles elle a été amenée à étudier à St-Jean sur Richelieu au Québec et où elle a perfectionné son français et s'est fait des amis québécois -, elle a eu son entreprise de fibres à Terre-Neuve. Elle s'est installée à North West River pour faire des recherches sur le projet de développement durable de Robin. Elle y habite depuis maintenant onze ans, et actuellement elle travaille pour la ville, en gestion administrative.
- Dix années de carrière dans les forces armées canadiennes -
Elle s'implique beaucoup dans la vie communautaire notamment au centre communautaire, à la bibliothèque ; elle travaille également en étroite collaboration avec les écoles. Pour l'avenir de North West River, Wendy Hillier souhaiterait que les gens respectent la nature et continuent de s'entraider.
À North West River, le bon déroulement de la vie communautaire dépend surtout de l'implication sociale des uns et des autres, et plusieurs personnes sont bénévoles. Ainsi, dans la vie communautaire de cette petite municipalité, des femmes comme Wendy Hillier et Robin Goodfellow-Beckie font une véritable différence.
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Robin Goodfellow-Baikie ...
Wendy Hillier s'implique ...