La Chandeleur communautaire de L'Anse-à-Canards
Par Alexis Hudon | Publié le 1 mars 2010

Danse carrée à la Chandeleur de L'Anse-à-Canards
L’Anse-à-Canards est probablement l’une des communautés les plus vivantes, bouillonnantes et unies au monde. Sur une population qui oscille autour de cent habitants, il n’est pas rare de voir au centre « Chez les Français » une bonne cinquantaine d’individus. Ce mois-ci encore, le centre communautaire était bondé pour célébrer la Chandeleur.
La Chandeleur est une fête traditionnelle. À l’origine, le 2 février, les gens faisaient une tournée du village au porte-à-porte pour récolter des vivres avec lesquels ils organisaient, le soir venu, un festin suivi inévitablement d’un party de cuisine. Dans le dernier demi-siècle, cette célébration est un peu tombée en désuétude. Ce n’est que durant les deux dernières décennies qu’elle est revenue sous de nouvelles formes. Par exemple, les deux établissement scolaires francophones de la péninsule ont mis en place une soirée destinée à impliquer les élèves dans les festivités et à leur expliquer le sens de cette célébration. La fête de l’école Notre-Dame-du-Cap fut annulée en raison de la tempête qui sévissait ce jour-là. À L’Anse-à-Canards, des personnes ont fait le tour du village pour récolter des dons avec lesquels la nourriture fut achetée. Comme la Chandeleur avait lieu un mardi, les festivités furent reportées au samedi suivant.
Donc, le samedi 6 février vers 20h30, après le bingo habituel, les premières personnes ont pris place autour des tables de la salle communautaire réaménagée pour l’occasion. Peu après 21h00, on commençait à entendre les premières notes de musiques, les premières d’une série qui devait s’étendre jusqu’aux petites heures du matin.
La soirée débuta avec les traditionnelles chansons de la Chandeleur, dont Candlemas Day, écrite par Pat March de Lourdes. Pour la petite histoire, on rappellera que la chanson avait été popularisée il y a plusieurs années avant de tomber dans l’oubli. Plus récemment, M, March a retrouvé les paroles, sans se souvenir de la musique. Il l’a montré à Robert Félix qui ne parvenait pas non plus à se rappeler de la mélodie originale. Alors, Robert a réécrit une musique pour accompagner la chanson et c’est cette version qui est aujourd’hui répandue à travers la péninsule.
Grand moment : la danse carrée
Robert Félix, Bernard Félix et Stan Formanger ont ensuite enchaîné gigue, réel et valse jusqu’au clou de la soirée : la danse carrée. Un groupe de huit personnes (quatre couples) a pris place sur la piste de danse. En plus de danser gaiement, en souriant, ils étaient tous vêtus de la même manière : des pantalons noirs, une chemise blanche à manches courtes, des lacets rouges autour du cou pour les hommes avec un mouchoir de la même couleur et un foulard blanc à motifs pour les femmes. Après près d’une demi-heure de danse, le Roi fit irruption avec la gaule à laquelle étaient attachés les morceaux de tissus, symbolisant les dons des habitants du village. C’est sur les mouvements d’échange de la gaule que s’est terminée la danse carrée.
Par la suite, le guitariste Bernie Duffenay et le guitariste-harmoniciste Stan Félix ont pris la relève des frères Robert et Bernard Félix et de M. Formanger. Comme à l’habitude, les spectateurs prenaient leur place en tapant des mains, des pieds et en échangeant quelques blagues avec ceux qui occupaient la scène, dans une atmosphère conviviale.
La soirée s’est poursuite ainsi, sur son air d’aller, de gigue en valse et de chansons en réel jusque tard dans la nuit.