Des poèmes adaptés pour la radio communautaire à l'école NDC
Par Alexis Hudon | Publié le 26 avril 2010

Oneisha, Mitchel, Nikita et Shania
Durant les deux derniers mois, Madame Katia Dupond, coordonnatrice des projets culturels au Conseil scolaire francophone provincial a mené de front un grand projet poétique dans deux écoles séparées par plus de 600 kilomètres.
En effet, le même atelier de création de poème avait lieu à l’école Notre-Dame-du-Cap, sur la Côte-Ouest dans la classe de Madame White, et au Centre éducatif L’Envol, à Labrador City dans la classe de Mme Girard.
Le projet était encadré par la « Bande à Sylvain et Lulu », formée de Sylvain Dodier et de Luc Pallegoix. Ils guident ainsi des enfants dans la création de poèmes depuis environ dix ans. Cependant, le processus a été adapté pour intégrer le projet-radio dont il a déjà été question cet automne dans Le Gaboteur.
L’atelier a débuté par la visite du remarquable site interactif www.labandeasylvain.com, où les élèves ont pu découvrir les personnages qu’ils suivraient dans les prochaines semaines ainsi que divers exemples de créations réalisées par d’autres enfants dans le passé.
Communication à distance
La communication entre eux s’effectuait via Skype, un logiciel de téléphonie vidéo qui permit au groupe de voir les animateurs et de suivre leurs directives à distance. Bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés en personne, une véritable relation s’est développée entre Sylvain et les étudiants. Après une légère adaptation, l’animateur était en mesure de pointer les élèves du doigt.
Certaines contraintes techniques ont cependant rendu impossible la tenue des séances de création à l’école Notre-Dame-du-Cap. Chaque fois que des rencontres étaient prévues entre le groupe et Sylvain, les élèves devaient se rendre à l’hôtel de ville voisin de l’école.
Les enfants ont également eu quelques difficultés à s’astreindre à la discipline qu’exigeait cette relation technologique. Pour pouvoir entendre, ils devaient garder un silence presque total et pour pouvoir être entendus, il leur fallait articuler clairement en parlant fort. La communication s’est révélée laborieuse, mais, avec l’aide du personnel, les élèves ont pu suivre une progression normale. Ils ont beaucoup apprécié ce projet qui les a fait sortir de leur routine habituelle.
Voici quelques extraits de leur création :
Je rêve en bleu de fraise
Un bleu chantant
Qui dessine mon cœur
(Nikita Bennett)
Je suis un arbre de pomme
Un océan de salon
Qui pêche dans le feu
(Mitchell White)
Je suis un été violet
Un été fleuri
Qui sourit dans un jardin
(Oneisha Felix)
L’heure de s’enregistrer
Après cela, les élèves ont dû peaufiner leur poème par eux-mêmes ou avec l’aide de leur enseignante. Ils sont ainsi arrivés à mieux le connaître, ce qui a permis de faciliter le passage à l’étape ultime du projet : l’enregistrement.
Munis d’un casque d’écoute et d’un micro, ils ont numérisé leur poème. Après quoi, à l’aide du programme de montage sonore Audacity, ils ont ajouté des effets spéciaux pour créer une ambiance, un environnement auditif visant à rendre l’écoute plus saisissante.
Pour Sylvain Dodier, ce fut un premier contact avec la réalité des Franco-Terre-Neuviens. Il a beaucoup aimé cette rencontre. « On ne réalise pas au Québec qu’une telle francophonie existe. » D’ailleurs pour lui « le français se conjugue au pluriel », il était heureux d’avoir pu découvrir un nouvel accent. Il a aussi relevé la différence entre les élèves de la péninsule et ceux du Labrador. Au Labrador, les enfants étaient plus âgés, ils avaient déjà assimilé des concepts comme l’abstraction et, de plus, le français est leur langue maternelle, contrairement à la majorité des élèves de l’école Notre-Dame-du-Cap.
Il était aussi très enthousiaste quant à l’idée du projet de la radio communautaire. « C’est génial, c’est une très belle idée qui permet d’aller chercher une couche poétique supplémentaire. À partir des émotions de leur poème, ils iront trouver les sons correspondants. Par exemple, un élève a proposé de faire entendre des pas d’une personne marchant seule dans la forêt pour évoquer la tristesse. »
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