Pas de vacances pour le Conseil scolaire francophone provincial de Terre-Neuve-et-Labrador
Par Olivier Hemard | Publié le 5 septembre 2011

Peter C. Smith, Directeur adjoint du Conseil scolaire francophoneprovincial de TNL
Nous avons généralement tendance à penser que, durant les vacances d’été, les portes des groupes scolaires de la province restent fermées à double tour, pour ne se rouvrir qu’au mois de septembre. Nous imaginons alors des couloirs sombres, des salles de classe vides et des cours de récréation sans vie. Eh bien, non ! Cette image un peu noire est totalement fausse. En réalité, dès le mois de juillet, les bureaux du Conseil scolaire francophone provincial de Terre-Neuve-et-Labrador (CSFP TNL) sont en ébullition : il s’agit d’organiser dans les meilleures conditions la prochaine rentrée des classes.
Quels sont donc les dossiers qui demandent à être traités au cours de la période estivale ? Pour le savoir, Le Gaboteur s’est rendu, en ce début de mois de septembre, dans les locaux du Conseil Scolaire francophone provincial, et plus précisément dans le bureau de Peter C. Smith, directeur adjoint du CSFP. « Nous profitons de l’arrêt temporaire des activités pédagogiques pour nous concentrer sur le traitement des gros dossiers administratifs qui encadreront la rentrée 2011-2012 », nous confie-t-il. « Les mois de juillet et d’août sont toujours des moments clé, car ce sont eux qui vont dicter les conditions – bonnes ou mauvaises – de la future session scolaire ». Selon Peter C. Smith, parmi toutes les questions que les membres du Conseil Scolaire doivent régler pendant les congés d’été, quatre sont vraiment prioritaires : réaliser les états financiers, procéder aux achats et au renouvellement du matériel, rénover les bâtiments et organiser la gestion des transports scolaire.
Réalisation des états financiers
La réalisation des états financiers du groupe scolaire a pour principal objectif de vérifier le budget de l’année écoulée. Effectuée par un cabinet comptable indépendant – qui garantit ainsi la crédibilité et le sérieux du centre scolaire –, cette opération requiert un mois et demi de travail. Elle doit prendre en compte tous les mouvements de fonds générés par les activités du groupement (école, personnel, services annexes, etc.) Cela représente un travail titanesque, qui nécessite une collaboration étroite entre le cabinet d’expertise extérieur et les comptables du Conseil scolaire.
Achat et renouvellement de matériel
« Ce poste est soumis à une procédure très exigeante », nous affirme Peter. « Il s’agit en effet de respecter impérativement les normes de marché public en vigueur, et de définir le plus précisément possible les besoins. Le Conseil scolaire francophone provincial doit donc, dans un premier temps, regrouper les différentes demandes des cinq établissements (deux au Labrador, deux dans la péninsule de Port-au-Port et une dans la capitale Saint-Jean). Il doit ensuite procéder au classement par gammes (chaises, jouets, meubles, etc.), puis définir chaque type d’achat (matériaux, tailles, couleurs…), et enfin publier les appels d’offres. Cette procédure permet de justifier les dépenses, et d’éviter d’avantager un sous-traitant par rapport à un autre. »
Pour la rentrée 2011-2012, le plus gros dossier au niveau des achats concerne l’acquisition de 25 ordinateurs portables. L’objectif, pour le groupe, est de renouveler son parc d’ordinateurs vieillissant, et de répondre aux besoins informatiques des nouveaux professeurs.
D’ici un an environ, le Conseil scolaire francophone provincial prévoit également d’investir dans un système d’information interne qui aura pour finalité de centraliser et d’informatiser toutes les données actuellement sur papier. Cela devrait, au final, permettre une meilleure communication entre les différents centres, et assurer une gestion plus précise de l’évaluation des élèves.
Rénovation des bâtiments
« Celle-ci dépend entièrement des sommes à déployer », nous explique Peter C. Smith. « S’il s’agit de travaux mineurs – tels que peinture, fuites ou petites réparations –, nous employons au sein du groupe une personne à temps partiel. Si cela est de l’ordre de ses compétences, cette personne réalisera elle-même les travaux nécessaires. Sinon, pour des tâches plus complexes, il lui reviendra de coordonner les interventions des sous-traitants. Par contre en ce qui concerne les travaux majeurs, nous avons la chance de bénéficier de l’aide du gouvernement qui, afin de rattraper son retard en matière d’éducation, a décrété prioritaire la réhabilitation de tous les groupes scolaires de la province. C’est grâce à cette philosophie gouvernementale que nous avons réussi à inaugurer, en 2009, la nouvelle école de Happy Valley — Goose-Bay, et en 2004 celle des Grands-Vents. De plus, ce programme d’aide nous a permis de procéder à d’énormes travaux de rénovation (chauffage, système de ventilation, fenêtres, toit, etc.) sur les centres de la Cote-Ouest et de Labrador City. »
Gestion et organisation des transports scolaires
« C’est de très loin, le dossier le plus important que j’ai à traiter durant les mois de juillet et d’août », nous confie Mr Smith. « C’est un dossier très préoccupant, car il concerne la question particulièrement sensible de la sécurité des enfants et de la confiance des parents envers notre institution ». Si le Conseil scolaire a choisi de garder la même compagnie et de valoriser les petits bus, ce n’est pas un hasard. « [Ce choix] permet de créer une intimité et un rapport à l’autre plus humain (…) Les parents connaissent les chauffeurs et n’ont aucune hésitation à laisser les enfants monter dans l’autobus ».
En parallèle à cette approche, les membres du Conseil scolaire francophone provincial doivent, chaque année, réorganiser les tournées de transports, afin de prendre en compte le nombre d’élèves qui varie d’une année à l’autre. Ainsi pour la rentrée 2011-2012, un sous-traitant (sous contrat de deux ans) assurera le transport de 11 élèves (chiffre stable) sur la région autonome du détroit du Labrador, et un contrat de cinq ans pour 120 élèves (chiffre stable) pour les deux établissements de la péninsule de Port- au-Port. Le transport scolaire concernant les 50 élèves (chiffre stable) des villes de Happy Valley — Goose-Bay et Labrador City sera assuré par le Conseil Scolaire anglophone de la région. Quant au transport scolaire de la capitale, il a dû être entièrement réorganisé suite au « boom » économique de la ville : pour répondre aux demandes croissantes d’inscriptions au centre des Grands-Vents, un bus supplémentaire sera mis à disposition, et de nouveaux tracés ont été définis.
Pour Peter Smith et son équipe, la saison estivale est donc très loin de ressembler à une période de repos, bien au contraire ! Pour eux, c’est « le » moment clé qu’ils doivent consacrer aux gros dossiers. Et c’est au prix de cet énorme travail de préparation – le plus souvent invisible aux yeux des parents – que l’année scolaire qui s’annonce sera, nous en sommes sûrs, une réussite absolue.