La meilleure option : une clinique communautaire bilingue de soins de santé primaires
Par Karine Gaudreau | Publié le 28 mars 2011

Éric Lefol en pleine explication
L’Association communautaire francophone de Saint-Jean (ACFSJ) a procédé, le 9 mars dernier, à la présentation publique de l’étude de faisabilité d’une clinique bilingue à Saint-Jean. L’étude réalisée par Éric Lefol, de la firme de consultants Stratema, a menée à la conclusion que la meilleure solution pour la réalisation du projet serait d’établir une clinique communautaire bilingue de soins de santé primaires dans le Centre scolaire et communautaire des Grands-Vents.
Selon l’étude, il n’existe que deux modèles de cliniques à Saint-Jean : les cliniques familiales et une clinique communautaire. Cependant, le modèle de clinique familiale a été déconseillée par M. Lefol qui affirme qu’un tel modèle serait difficilement rentable et qu’il ne s’insère par dans les priorités stratégiques de l’Eastern Health Authority (EHA), de laquelle il deviendrait pratiquement impossible d’obtenir un support pour le démarrage de la clinique. De plus, la difficulté à recruter des médecins bilingues poserait certainement un problème, selon M. Lefol.
Le modèle proposé
La clinique communautaire de soins de santé primaires aurait l’avantage de bien s’insérer dans les priorités stratégiques de l’EHA ainsi que dans celui du Réseau santé en français de Terre-Neuve-et-Labrador (RSFTNL). La rentabilité de la clinique serait également grandement améliorée, si l’on privilégie ce modèle. La clinique se concentrerait sur les services de soins de santé, dont la promotion de la santé, la prévention des maladies et des blessures, ainsi que le diagnostic et le traitement. Elle serait coordonnée par une infirmière dont le salaire pourrait être assumé, en tout ou en partie par EHA. M. Lefol propose également la possibilité d’établir un partenariat avec la faculté de médecine de l’université Memorial afin d’accueillir des étudiants en médecine dans la clinique pour effectuer les consultations auprès des patients.
Mais où l’installer?
L’étude de faisabilité présente une solution claire et arrêtée sur le sujet du lieu d’installation de la clinique; cette dernière serait idéalement installée dans les futurs locaux du Centre des Grands-Vents, suivant le projet d’agrandissement. Si toutefois l’agrandissement n’avait pas lieu, il serait possible de créer un partenariat avec une clinique privée déjà existante.
L’ACSFJ soulagée
Selon Steven Watt, directeur général de l’ACFSJ, les résultats de l’étude s’avèrent rassurants. « C’est soulageant de voir que ce projet est réalisable. Je suis content qu’on nous ait proposé une solution réalisable et adaptée à nos besoins », se réjouit-il. « Lors de la présentation, les gens de la communauté ont soulevé quelques points qu’ils aimeraient voir, dans l’idéal, lors de la création de la clinique. Même si toutes ces propositions ne sont pas envisageables à court terme, je crois que les gens réalisent que le modèle proposé est un bon pas vers l’avant. »
Les prochaines étapes
Les prochains mois seront occupés, tant pour l’ACFSJ que pour le RSFTNL. Ce sont ces deux organismes, en collaboration avec les intervenants de la communauté francophone, qui s’affaireront à mettre en place un centre de ressources qui rassemblera plusieurs documents et pamphlets, rédigés en français, d’information, de promotion et de prévention en matière de santé.
En attendant l’agrandissement du centre scolaire et communautaire, le centre de ressources sera installé dans un local déjà existant, soit dans le foyer, au premier étage, dans la salle des aînés ou encore à la réception, au deuxième étage. « Aucun de ces choix n’est idéal, mais nous devrons faire en conséquence en attendant d’avoir les espaces voués à la clinique », explique M. Watt.
Dans un deuxième temps, l’ACSFJ et le RSFTNL devront négocier des partenariats avec l’EHA pour procéder à l’embauche d’une infirmière qui coordonnera la clinique et avec la faculté de médecine de l’Université Memorial pour faciliter le recrutement d’étudiants bilingues en médecine.
Si les avancements de l’agrandissement du centre vont bon train, on prévoit une clinique communautaire bilingue de soins de santé primaires complètement fonctionnelle, dotée du personnel nécessaire, d’ici trois ans, dans les nouveaux locaux du centre.