Capsule historique - La tragédie de l'Ocean Ranger
Par Sylvain Luneau | Publié le 3 septembre 2010

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Le 15 février 1982, l’Ocean Ranger, la plus grande plate-forme de forage semi-submersible au monde, chavire et sombre au cours d’une violente tempête sur les Grands-Bancs de Terre-Neuve, causant la mort des 84 membres de l’équipe, dont 56 Terre-Neuviens.
C’est une histoire qui a marqué profondément les gens du coin. Tout le monde connaît au moins une personne qui a péri ou quelqu’un qui aurait dû se trouver sur la plateforme ce soir-là.
Dans la nuit du 14 au 15 février 1982, une violente tempête sévit sur les Grands-Bancs. Les vents soufflent à plus de 140 km/h et les vagues atteignent 15 mètres de haut. L’Ocean Ranger, la Sedco 706 et la Zapata Ugland, trois plates-formes pétrolières situées au-dessus du gisement Hibernia, doivent faire face à la fureur des éléments.
L’eau provoque un court-circuit
C’est alors que l’un des hublots de l’Ocean Ranger se brise sous les assauts de la mer. L’eau s’infiltre et provoque une défaillance dans la salle de contrôle des ballasts. Ces ballasts, ce sont 16 réservoirs qui, selon un savant dosage entre l’eau et le vide, permettent à la plate-forme de se stabiliser à la surface. Suite à la panne électrique dans la salle de contrôle, l’eau devient plus présente que le vide dans certains réservoirs. L’Ocean Ranger commence alors à pencher dangereusement, avant de sombrer définitivement dans une mer déchaînée.
Un concours de circonstances
Il n’y a aucun survivant dans le naufrage de cette plate-forme considérée comme invulnérable à l’époque. Les 84 membres de l’équipage succombent. Trois enquêtes sont instaurées afin de comprendre les causes de cette tragédie (deux études américaines et une enquête de la Commission royale mixte fédérale-provinciale). La Commision conclut que la violente tempête n’est pas la seule responsable du naufrage. La fiabilité du matériel et les compétences humaines sont également remises en cause.
Les trois enquêtes et les recommandations qui en découlent aboutissent sur de profondes modifications de la réglementation en matière de formation et de sécurité en mer. La tragédie aura eu au moins ça de bon, mais cela reste une maigre consolation pour les familles des victimes.