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L'Ouest du Labrador inondé par les drogues illégales

Par Moana Lebel | Publié le 13 décembre 2010


L’augmentation de la richesse a fait surgir un problème sérieux dans l’Ouest du Labrador. La communauté est inondée par les drogues illégales et le Service de police de Terre-Neuve-et-Labrador (Royal Newfoundland Constabulary) doit faire face à cette bataille difficile.

« Nous sommes en plein boom économique ici, alors il y a beaucoup d’argent qui circule », affirme Bill Fitzgerald du Service de police. « Avec le boom, vient le bon et le mauvais, et malheureusement la drogue fait partie de ses effets négatifs. »

Cocaïne

M. Fitzgerald raconte que plusieurs drogues sont disponibles, de la marijuana à l’ecstasy en passant par le speed, mais la cocaïne semble être la drogue de choix. « Elle est tellement accessible pour n’importe qui, et ça inclue les enfants », constate-t-il. « Maintenant, nous avons de très jeunes adolescents qui prennent de la cocaïne. Deux d’entre eux ont ainsi fait une crise cardiaque à cause de ça. Nous voyons des accidents causés par des automobilistes conduisant sous l’effet de drogues. Nous comptons beaucoup de disputes de ménages dont le problème s’avère être la consommation de drogues. »

L’argent attire les vendeurs

L’employabilité est à la hausse et les salaires sont bons. Les vendeurs de drogue sont alors tentés par cet argent. « Les vendeurs ou bien les personnes qui transportent la drogue, doivent être chanceux en permanence pour ne pas être arrêtés. Mais de notre côté, nous n’avons à être chanceux qu’une fois pour les attraper », présente-t-il. De manière surprenante, la consommation de drogues est une habitude qui s’attrape facilement. « Spécialement la cocaïne qui élimine les endorphines quand les gens se sentent mal. Ils essaient alors sans cesse de retrouver la sensation de leur première consommation. Ils commencent par une utilisation récréative et ils croient qu’ils peuvent la contrôler, mais bien souvent, c’est la drogue qui finit par les contrôler. » Certains commencent par la consommer les fins de semaines et cela devient une habitude journalière qui peut coûter de 500$ à 5 000$.

Davantage de crimes

« Comme les gens perdent de l’argent, certains commencent à voler leur famille et amis. Ça finit par des invasions de domiciles et des vols de voitures », poursuit le policier. « Une fois que vous êtes sur la pente descendante, c’est difficile d’y remonter, car on ne peut plus se passer de la drogue. » C’est là où les services contre les dépendances sont bénéfiques, et Fitzgerald est reconnaissant pour l’aide qu’ils offrent.

Prison automatique

Du côté de l’application et le respect des lois, être pris avec de la cocaïne mène à des peines plus rigides telles qu’un temps d’emprisonnement automatique pour la possession et de deux ans pour le trafic. Bill Fitzgerald raconte que le Service de police a des stratégies en place pour attraper les marchands même si parfois, ils sont chanceux pendant des contrôles de routine. « Ça nous est déjà arrivé d’arrêter quelqu’un qui transportait des livres de marijuana et d’ecstasy lors d’un simple arrêt de routine. »

Rapports demandés

Cependant, la police a besoin de l’aide du public pour rapporter les activités suspicieuses dont ils sont témoins. « La plupart de la drogue passe par la frontière avec le Québec. Il y a autant de nouveaux marchands en ville que de revendeurs installés ici depuis de nombreuses années. Vos voisins peuvent même en faire partie », avertit le policier. « Le truc, c’est d’agir sur les tuyaux qu’on nous donne, avec l’information courante, parce que la police doit attraper les marchands de drogue sur le fait. » Il s’avoue au courant que les gens ne veulent pas dénoncer leur famille ou amis, mais s’ils savent quelque chose à propos de certaines activités, il est mieux de se débarrasser du problème ou de chercher de l’aide. « J’imagine que nous n’avons pas été aussi efficaces que nous le voudrions », partage Fitzgerald. « Nous voulons devenir beaucoup plus performants. C’est un problème qui fait sans cesse boule de neige. Si un vendeur de drogue est arrêté, quelqu’un d’autre est là à attendre de prendre sa place. Parce qu’il y a toujours du profit à faire, vous avez toujours quelqu’un prêt et disponible à prendre le poste. » Il affirme que le Service de police a fait des vérifications pour ses propres officiers, mais cela ne garantit pas qu’ils ne seront pas affectés par les drogues un jour ou l’autre. « Les consommateurs de drogue sont dans toutes les couches de la société », explique-t-il. « Je ne peux pas affirmer que les policiers n’ont jamais été impliqués là-dedans, mais nous n’avons pas eu cette problématique jusqu’à maintenant. »

Le but du Service de police reste toujours le même : celui d’éradiquer le problème de drogue, où qu’elle soit. Bill Fitzgerald admet que ce n’est pas toujours chose facile et appelle la population à les aider.

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