L'inquiétante migration des francophones de TNL
Par Sylvain Luneau | Publié le 19 mai 2010

La migration à TNL
L’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML) vient de publier une étude sur la migration des francophones à Terre-Neuve-et-Labrador entre 2001 et 2006. Les chiffres sont alarmants. La francophonie terre-neuvienne et labradorienne est plus que jamais menacée.
En 2006, Statistiques Canada et l’ICRML ne recensaient que 1870 francophones dans la province, c’est-à-dire ceux qui ont le français comme langue maternelle. Cela écarte donc tous les francophiles, de plus en plus nombreux à TNL.
Parmi ces francophones de naissance, 935 ont migré en dehors de la province entre 2001 et 2006 (soit environ 52%). Heureusement, ce chiffre accablant est compensé par les 350 immigrants. Mais calcul fait, la balance est tout de même beaucoup trop négative, avec 585 francophones en moins durant cette période (auxquels s’ajoutent les personnes décédées).
Les francos migrent plus que les anglos
Toute langue confondue, TNL affiche un solde migratoire négatif depuis 1961. C’est-à-dire qu’il y a plus de personnes quittant la province que de nouveaux immigrants. Depuis 50 ans, cette migration a participé à hauteur de 135 000 habitants au déclin de la population terre-neuvienne et labradorienne. Cependant, cette tendance s’atténue puisque le solde migratoire a augmenté de -6,1 à -1,3 % entre 1996-2001 et 2001-2006.
Chez les francos, la proportion de migrants sortants est beaucoup plus importante que dans la population majoritaire (52% contre 9%). Ceci est d’autant plus vrai dans la péninsule d’Avalon où 545 francophones ont émigré, sur une population d’environ 600 âmes (reconstituée par les immigrants en provenance de l’étranger, des autres provinces et de l’intérieur de TNL).
Tout chiffre confondu, la population francophone de Terre-Neuve-et-Labrador subit un déclin démographique ces dernières années de l’ordre de -12,5 % entre 2001 et 2006. C’est une tendance qui s’accentue et qui s’explique surtout par la migration de ses éléments (la mortalité y est encore assez faible). Avec 585 francophones ayant quitté la province sur une population de 1870 habitants, il convient donc de se poser les bonnes questions pour expliquer ce phénomène de migration et espérer maintenir une francophonie durable ici à Terre-Neuve-et-Labrador.
Sources : « Analyse de la migration des francophones à Terre-Neuve-et-Labrador entre 2001 et 2006 » par Éric Forgues, Maurice Beaudin, Josée Guignard Noël et Jonathan Boudreau - ICRML
Commentaires des internautes :
De Marc Le Pihiff : Que des gens quittent leur province est une chose, mais pourquoi les Francos sont-ils plus nombreux que les Anglos à émigrer ? On devrait peut-être poser la question à ceux restés sur place !