Hydroélectricité au Labrador : Terre-Neuve-et-Labrador durcit le ton
Par Éric Cyr | Publié le 13 septembre 2010

Terre-Neuve-et-Labrador accuse le Québec d'être trop protectionniste en matière d'hydroélectricité
Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, reproche au gouvernement du Québec de freiner son projet hydroélectrique sur le bas du fleuve Churchill au Labrador.
Selon Danny Williams, le Québec se veut le champion du développement durable, mais le gouvernement de Jean Charest fait tout pour freiner ce projet hydroélectrique dans le seul but de protéger sa dominance du marché. Selon se dernier, le projet sur le bas du fleuve Churchill pourrait alimenter 1,5 millions de foyers en Amérique du Nord. Pour transporter cette électricité, il faudrait cependant passer par le territoire québécois ou installer un câble sous-marin de Terre-Neuve vers la Nouvelle-Écosse.
Le Québec s’oppose jusqu’à maintenant à ces deux options, car Terre-Neuve-et-Labrador réclame l’aide financière du gouvernement du Canada, ce qui serait de la concurrence déloyale aux yeux du Québec qui n’a rien reçu du gouvernement fédéral lors de la construction de son réseau hydroélectrique et qui a dû faire appel à des financiers américains, à défaut de pouvoir emprunter à des banques canadiennes, lors des grands chantiers de la Baie-James.
Danny Williams dépeint le Québec comme une province qui reçoit des milliards de dollars en paiements de péréquation et qui s’oppose à ce que les autres obtiennent de l’aide d’Ottawa. De passage à Terre-Neuve, le député libéral fédéral Dominic LeBlanc, du Nouveau-Brunswick, a applaudi le discours de Danny Williams. « Ce n’est pas à moi de juger les actions du gouvernement de M. Charest, mais je crois que pour l’environnement et le développement économique, on a tous intérêt à voir ce genre de projet avancer » a affirmé le député LeBlanc. Danny Williams promet une lutte acharnée contre Hydro-Québec cet automne. Il affirme qu’il n’épargnera personne.
Le Québec, trop gourmand?
Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador en veut au Québec au sujet du contrat de 65 ans conclu pour les installations hydroélectriques existantes sur le haut du fleuve Churchill. Ce contrat permet au Québec d’acheter de l’électricité, à un taux fixé il y a des décennies, et de la vendre à un tarif largement supérieur. Danny Williams a déclaré que le Québec a ainsi gagné des profits de 2,3 milliards de dollars l’an dernier, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador a obtenu 50 millions de dollars.
On se souviendra qu’Hydro-Québec prévoyait d’acheter Énergie N.-B. afin de créer notamment un nouveau réseau de transport d’énergie vers les États-Unis. Cette entente a suscité un vif débat au Nouveau-Brunswick, la plupart des intervenants craignant que cette vente ne constitue un abandon de la souveraineté énergétique de cette autre province atlantique.
Des voix plus radicales avaient aussi fait preuve d’une méfiance et d’un sentiment anti-Québec assez véhéments. Plusieurs membres du gouvernement néo-brunswickois de Shawn Graham avaient fait connaître leur opposition à cette transaction qui est finalement tombée à l’eau.
Contestations aussi au Québec
Le gouvernement du Québec doit aussi faire face à une forte opposition de sa politique énergétique alors qu’il souhaite développer les gaz de schistes sur son territoire, ce qui suscite un vif débat.
Le gouvernement Charest est aux prises avec un mouvement de contestation du développement de cette industrie dans la vallée du Saint-Laurent. L’exploitation des gaz de schiste risque de faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre, diminuer les réserves d’eau de source et empiéter sur les habitats naturels fauniques.
Commentaires des internautes :
De Marc Le Pihiff : Une histoire bien regrettable. Comme si on avait besoin de ce genre de polémique.
Je ne maîtrise pas spécialement le dossier, mais je trouve curieuse la position du Québec sur la concurence déloyale. Québec n'essaie-t'elle pas elle même de garder un certain monopôle sur l'énergie ? N'est ce pas un peu hypocrite de sa part ?
De Thierry : C'est pas un peu hypocrite, c'est vraiment tres hypocrite. au Québec on est vraiment les champions pour ca. On chiale tout le temps mais ne demandez pas a ce qu'il y ait de l'action. Ca s'appelle de l'inertie, on laisse aller. Le Québec est sur la pente descendante et c'est seulement quand il y aura un changement de garde politique que ca changera. Dans longtemps ca veut dire. Comme l'histoire en fait foi, les empires s'ecroulent et d'autres naissent. Le Québec s'écroule et Terre-neuve renait. J'ai hâte de déménager a Terre-neuve et participer à sa nouvelle prospérité.