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La communauté francophone du Labrador Ouest en concertation avec le RDÉE TNL

Par Moana Lebel | Publié le 30 septembre 2010

Le RDÉE TNL a profité de cette consultation publique pour présenter l'organisme
Le RDÉE TNL a profité de cette consultation publique pour présenter l'organisme

Une consultation communautaire du Réseau de développement économique et d’employabilité de Terre-Neuve-et-Labrador (RDÉE TNL) a eu lieu le dimanche 19 septembre dernier à l’hôtel Wabush. Cette consultation avait pour but d’exposer la mission de l’organisme, de parler de ses différents projets et de recueillir les commentaires et suggestions des membres de la communauté francophone de la région.

Le RDÉE TNL s’occupe du développement économique dans les communautés francophones de la province. Il sonde les besoins, aide au renforcement des capacités communautaires et offre un soutien à l’emploi dans quatre champs d’action: le tourisme, la jeunesse, les milieux ruraux et l’économie du savoir. C’est en partie ce qui a été présenté lors de la consultation publique aux nouveaux arrivants de la région. La rencontre a également permis au RDÉE TNL de mieux cerner les attentes des habitants.

Développer le tourisme au Labrador

Le développement du tourisme au Labrador semble être un besoin important pour la communauté francophone de la région. « Le manque d’infrastructures touristiques et de signalisation se font ressentir », affirment Claude Gravel et Guy Beaulieu de l’entreprise d’ingénierie BBA. L’importance d’être accueillis en français au bâtiment du Gateway, de pouvoir offrir aux touristes la possibilité d’acheter des produits locaux et de pouvoir loger dans des établissements hôteliers a également été soulevée.

L’éloignement par rapport aux centres urbains, le nombre peu élevé de touristes ainsi que les coûts élevés de transport pour se déplacer au Labrador représenteraient les principaux freins au développement. « Afin de développer le tourisme, il faut miser sur les principaux atouts de la région qui sont la nature, les sports extérieurs et la qualité de vie pour les familles », avance Sophie Thibodeau, présidente par intérim de l’Association francophone du Labrador (AFL). « Mais surtout, il faudrait travailler sur le marketing pour attirer les gens dans notre région », continue Jules Custodio, président de la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador (FFTNL). « Justement, le bâtiment du Gateway, situé sur la route translabradorienne 500, est un centre touristique dont les activités doivent perdurer », persiste Lise Boucher, vice-présidente de l’AFL.

Un besoin déjà présent dans le passé est ressorti des discussions: celui d’élaborer une carte touristique bi-provinciale représentant les activités à faire, les attraits et les places où loger dans la région de l’Ouest du Labrador et de Fermont au Québec. « La collaboration avec l’Association Touristique de Fermont (ATF) sera indispensable pour ce projet », avance Christophe Caron, directeur du RDÉE TNL.

Concernant l’affichage de la langue française au niveau touristique au Labrador et à propos de la collaboration avec le Québec, un problème reste malheureusement présent: la barrière de la langue entre les deux provinces. Comme le disait Mme Boucher, que ce soit au niveau des employés gouvernementaux ou des élus municipaux, ce défi crée une lacune participative qui se répercute sur plusieurs domaines comme le tourisme.

Assurer le logement

Au niveau du développement économique, encore une fois, c’est la question du logement qui était au cœur du débat. Pour un touriste comme pour un travailleur qui n’est pas employé par une grande minière, c’est presque impossible de trouver une chambre disponible. Sans parler des travailleurs qui ont une famille à déplacer avec eux.

Avec les loyers qui montaient en flèche, les entrepreneurs avaient commencé à acheter des maisons pour loger leurs employés, mais aujourd’hui, même les hypothèques commencent à ne plus être abordables.

Pour les étudiants qui sont partis de la région et qui voudraient revenir s’installer près de leur famille, ils doivent y réfléchir deux fois, puisque l’endettement pour une maison comporte un risque financier non négligeable. Toute l’économie des villes de Labrador City et de Wabush sont dépendantes des fluctuations du marché du fer. Celui-ci pourrait dramatiquement chuter, et avec lui celui de l’immobilier comme ce fut le cas il y a quelques années. Heureusement, la demande pour le minerai de fer est en croissance et de telles prévisions ne semblent pas envisageables pour le moment, ni pour les dix prochaines années. Mais qui sait ce qui peut arriver d’ici-là?

Après avoir exposé dans la consultation publique plusieurs aspects de cette économie particulière des villes minières, il fut conseillé de se préoccuper davantage de « l’après-bulle économique » plutôt que de la croissance.

Retenir les jeunes

Pendant la rencontre, les représentants de la communauté ont démontré un intérêt marqué pour la réalisation des trois projets jeunesse du RDÉE TNL dans l’Ouest du Labrador. « Place-aux-Jeunes » et « Percé » visent à favoriser le retour des jeunes à Terre-Neuve-et-Labrador. « Faut-que-ça-bouge! » encourage leur implication communautaire. Les deux premiers projets existent dans d’autres régions de la province; la communauté aimerait les voir se développer dans l’Ouest du Labrador.

Gisèlle Arsenault, présidente de Franco-Jeunes, proposa une autre idée : « Une éducation plus complète et diversifiée au College of the North Atlantic à Labrador City permettrait la rétention des jeunes. Il pourrait y avoir plus de cours offerts ici qui seraient alors reconnus par l’Université Memorial, comme il se fait actuellement à Goose Bay. »

Gisèlle Arsenault, à l’image du reste de la communauté n’a pas manqué de conseils et de suggestions. Tous ensemble, ils ont exprimé leurs besoins aux deux employés du RDÉE TNL présents à la consultation: Moana Lebel, agente à Labrador City et Christophe Caron, directeur général. « Les échanges se sont avérés extrêmement enrichissants pour le sondage des besoins en développement économique », concluait M. Caron.

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